Opinion

Lettres: Et on devrait faire confiance aux élus?

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Monique Désy Proulx, Présidente des Amis du parc Morgan. Vieux-Maisonneuve, Montréal, 26 septembre 2007

Édition du samedi 29 et du dimanche 30 septembre 2007

Mots clés : parc Morgan, Municipalité, Montréal

Ces jours-ci, on nous annonce comme un fait établi la construction d'un pont sur la Rivière-des-Prairies et la bonne entente entre élus au sujet d'un projet consistant à moderniser la «rue» Notre-Dame, qu'on appelait autrefois le Chemin du Roy. Selon M. Tremblay, «le dossier Notre-Dame rallie tous les élus de l'Est et la Chambre de commerce de l'Est de l'île». Et les citoyens, eux? Je lis dans Le Flambeau que, d'après le maire, «le concept et le tracé retenus n'auront plus à être soumis au pouls des citoyens. La Ville de Montréal travaillera de concert avec l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve pour répondre aux attentes des élus».

Or, j'aimerais rappeler à la population qu'il y a un an, ces mêmes élus ont présidé à la destruction d'un des plus beaux parcs de la ville de Montréal, le parc Morgan, dans le quartier du Vieux-Maisonneuve. Ce gâchis a consisté à couper au chalumeau une clôture ornementale historique, entièrement forgée et «baguée» à la main, travail qui aujourd'hui vaudrait au minimum 150 000 $! Nos élus avaient sans doute oublié qu'ils sont les gestionnaires des biens publics, nos biens. Aujourd'hui, la clôture a disparu, non seulement du parc Morgan, mais aussi des entrepôts de la municipalité. En effet, elle a été volée... Et on devrait encore faire confiance à nos élus? En ce qui me concerne, je ne me sens pas en phase avec ces autorités qui plient devant le moindre commerçant et qui traitent si mal nos trésors.

En faisant de l'ancien Chemin du Roy une autoroute déguisée, ces élus continuent de manquer de culture et de vision. Ils nuisent aux citoyens et cèdent aux lobbys, ici celui du pétrole, avec ses usines de pneus et ses routes asphaltées. Au contraire, nous sommes nombreux dans les quartiers qui longent cette ancienne artère à penser qu'il faut rebâtir le long de Notre-Dame et cesser à tout jamais de sacrifier la ville à la voiture, en favorisant rapidement la mise en place d'un nouveau tramway. Le fleuve est là, juste à côté, représentant la plus grande richesse de Montréal et du Québec tout entier. La prospérité est à portée d'imagination si l'on décide de ne pas faire du pays une poubelle et de l'aimer plutôt, ce territoire unique au monde, avec ses villes au bord de l'eau. La beauté, c'est pour les gens, pas pour les chars!


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