La mystérieuse blogueuse adéquiste cesse ses activités

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Antoine Robitaille
Édition du samedi 29 et du dimanche 30 septembre 2007

Mots clés : Élodie Gagnon-Martin, Mario Dumont, ADQ, Internet, Québec (province)

Québec — Le site de la mystérieuse blogueuse adéquiste Élodie Gagnon-Martin, «Les Dessous de la politique», a été fermé hier soir un peu avant 20h00. En journée hier, elle avait laissé entendre qu’elle était bien celle qu’elle prétendait être, soit une sympathisante adéquiste de Montréal.

Hier, Le Devoir a révélé qu’un groupe de blogueurs souverainistes menaient une enquête sur Mme Gagnon-Martin. Ils soupçonnaient qu’il s’agissait d’une fausse identité permettrant à un employé de l’ADQ et ancien blogueur prolifique reconnu, Pierre Morin – qui a blogué jusqu’au mois d’avril sous l’identité de MisterP –, de tenir des propos diffamatoires sur les souverainistes et leur chef. M. Morin, comme «chef de cabinet» du troisième vice-président de l’Assemblée, Marc Picard, est tenu à un devoir de réserve. Jeudi, il a totalement rejeté les hypothèses selon lesquelles il écrivait sous le pseudonyme de Mme Gagnon-Martin, un site qui avait réussi à réunir une certaine audience et avait été cité à plusieurs reprises dans les grands médias.

Légal?
Est-il légal de bloguer anonymement ou sous une fausse identité? Pas en France, explique le juriste Pierre Trudel de l’Université de Montréal (spécialisé en droit du cyberespace), mais au Canada, oui. Au reste, ici comme en France, le blogue relève clairement de la «communication publique». Par conséquent, si l’on y tient des propos dommageables ou fautifs – diffamatoires par exemple –, «la personne qui est directement en contrôle du blogue peut être appelée à en répondre. La fausse identité ne la rend que plus difficile à trouver», fait remarquer M. Trudel. Il faudrait identifier les adresses IP, repérer celui qui héberge le blogue, qui a un devoir de révéler l’identité des blogueurs qu’il héberge. Par ailleurs, en période électorale, s’il était démontré qu’un employé d’un parti tient un blogue sans que son salaire ne soit déclaré dans les dépenses électorales, cela relèverait de la fraude électorale.

Un spécialiste des blogues, Mario Asselin, de la firme Opossum, avait donné un conseil à Mme Gagnon-Martin, hier matin, dans la section commentaire de cette dernière: «La meilleure façon d’éviter qu’on vous prenne pour ce que vous n’êtes pas demeure de vous montrer telle que vous êtes.» Au pire, la ou les personnes qui font le blogue auraient dû préciser qu’il s’agissait d’un pseudonyme. «Ici, on a quelqu’un qui entretient la confusion», déplore M. Asselin. Ce dernier a participé au livre Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires (bientôt publié aux éditions Isabelle Quentin), ouvrage collectif dans lequel le blogueur adéquiste Marc Snyder signe un chapitre. M. Asselin se disait mal à l’aise devant le cas d’Élodie Gagnon-Martin. «Le blogue est un outil qui peut nous permettre de faire des belles choses, mais qui n’est malheureusement pas à l’abri de la manipulation de l’information.»

Au moment d’écrire ces lignes, Mme Gagnon-Martin n’avait toujours pas fait suite à une demi-dizaine de demandes d’interview envoyées par Le Devoir jeudi et hier. Elle avait aussi empêché la publication de cette même invitation, que nous avions publiée avant huit heures hier matin sous forme de commentaire sur son site Internet. Pourtant, en après-midi, Mme Gagnon-Martin avait autorisé six commentaires à son texte. Pas le nôtre.


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Le jeudi 04 octobre 2007 08:00

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