En plus de travailler pour le Canadian Pacific Railway, mon père a tenu un commerce d'approvisionnement en grains pour les cultivateurs du coin. Sa réussite a fait des jaloux, notamment dans sa parenté. Ces derniers ont menacé de former une coopérative. Mon père a vendu à rabais, ayant presque tout perdu. La coopérative n'a jamais vu le jour. C'était dans les années 1940. Les Québécois, alors appelés Canadiens français, coupaient toute tête qui dépassait pour une raison ou pour une autre. À voir les réactions populaires à la réussite des Marois-Blanchet, force est de conclure que le Québec est demeuré un laminoir. Comme on disait jadis: « La tête dans marde comme tout le monde ! »
Roland Berger
London, Ontario