Société canadienne du cancer - L'auto-examen des seins est désormais déconseillé
Mots clés : OMS, auto-examen des seins, Société canadienne du cancer, santé, Canada (Pays)
La méthode entraîne plus d'inconvénients qu'elle n'apporte de bienfaits

Photo: Agence Reuters
Ce faisant, l'organisme emboîte le pas à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a déjà émis une recommandation ferme en ce sens. Plusieurs études ont en effet permis de démontrer que l'auto-examen n'a aucune incidence sur la survie. Il peut de surcroît «créer un sentiment de fausse sécurité» et «est associé à un taux élevé de faux résultats positifs», qui sont une source d'inquiétude inutile, a souligné la Dre Roberta Cormier, clinicienne au Centre de référence pour l'investigation désignée de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.
Ce qui ne veut pas dire pour autant que les femmes doivent cesser d'être à l'écoute de leur corps. Il reste important de bien connaître ses seins afin de pouvoir identifier d'éventuels changements, ont martelé les deux femmes. Lynda Cotnoir est bien placée pour le savoir. Il y a sept ans, son sein est devenu «très ferme». Elle ne s'en est pas soucié, n'y ayant détecté aucune bosse ou anomalie. C'était pourtant bel et bien un cancer. «Il faut s'écouter et consulter sitôt que le doute s'installe», a-t-elle insisté hier.
Rien en effet ne remplace l'expertise médicale. Au jeu des comparaisons, l'auto-examen des seins fait d'ailleurs bien piètre figure, a argué la Dre Cormier. Globalement, on estime que l'auto-examen ne permet de débusquer que le quart des masses cancéreuses. Par comparaison, l'examen clinique permet de mettre au jour de 42 à 83 % de ces masses, tandis que la mammographie permet d'en détecter 85 %. Lorsque ces deux méthodes sont couplées, cette proportion passe même à 90 %.
En août 2006, le comité-conseil de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada avait lui aussi remis en question la pertinence de l'auto-examen dans un esprit de surveillance. Il y écrivait que «l'auto-examen ne devrait pas être systématiquement enseigné aux femmes», d'abord parce qu'il n'entraîne pas de baisse du taux de mortalité, ensuite parce qu'il entraîne une hausse des taux de biopsie bénigne.
La Fondation du cancer du sein du Québec partage ce point de vue, même si elle continue à promouvoir l'auto-examen dans son site Internet. «En fait, l'auto-examen peut permettre aux femmes de mieux connaître leurs seins, mais il est faux de dire que c'est un mode de dépistage [du cancer]», a expliqué Pamela Kell, responsable des communications de la fondation.
Tous ces groupes préconisent plutôt des moyens médicaux alliant examen clinique et mammographie. Le Québec a d'ailleurs mis au point un programme de dépistage qui permet aux femmes âgées de 50 à 69 ans de passer une mammographie tous les deux ans. Le service est gratuit à condition qu'il soit reçu dans l'un des centres de dépistage désignés par le ministère de la Santé.
Dans les faits, seules 51 % des femmes admissibles à ce programme s'en prévalent, au grand dam de la directrice générale de la Société canadienne du cancer, division du Québec. «On a encore des réticences, mais pourtant cela reste le moyen le plus efficace pour détecter les tumeurs à un stade très précoce», a répété Suzanne Dubois, qui a rappelé que, cette année seulement, 5900 femmes recevront un diagnostic de cancer du sein.
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mammographie - par Fernande Trottier
Le jeudi 27 septembre 2007 10:00

