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Des accommodements raisonnables, la presse fait-elle son travail?
Eh bien, la question qui me vient à l'esprit, quand je regarde tout ce débat autour de la notion d'accommodement raisonnable qui fait rage au Québec, est celle de savoir si tous les intervenants pensent à la même chose. Et, c'est là ma question de savoir si la presse fait bien son travail de conscientisation de la masse ou se laisse un peu aller aux émotions.
Depuis l'affaire Mailloux à "tout le monde en parle", je suis encore, comme par accident, revenu revisiter l'émission dimanche dernier. Monsieur Lapage interviewait un musicien bi-culturel qui vit en Gaspésie. Au passage, comme souvent, il lui a demandé son opinion sur "ce qui se passe au Québec en ces jours". Sous des applaudissements nourris de la salle, j'ai entendu l'heureux invité s'attaquer justement aux accommodements raisonnables. L'animateur n'a pas cherché à fixer son interlocuteur, un peu comme s'il laissait quelqu'un d'autre dire tout haut ce qu'il pense tout bas. Et ils sont nombreux de ces hommes et femmes du Québec qui influencent les opinions qui se comportent de cette façon. Il ne sert alors à rien de se questionner sur la statistique très élevée, au Québec, des personnes qui sont opposées aux accommodements raisonnables.
Mais, c'est quoi ça les accommodements raisonnables?
Le débat sur des accommodements raisonnables, à mon humble avis, ne datent pas d'aujourd'hui. Il prend sa naissance avec la construction étatique canadienne et façonne, à travers des décennies, les mêmes valeurs canadiennes que certains veulent couler dans du bêton armé. Chaque société évolue...
Allons-y avec quelques cas pour illustrer mon propos. Ici et là au Canada, il y eut un moment où un vendeur pouvait refuser de vendre la boisson à une personne racialisée, soit-elle "indien" ou "noir". Dans les premiers cas, la Cour suprême du pays jugea que le vendeur était libre d'accueillir qui il voulait dans son bar... Puis, il est arrivé un moment où une femme a voulu devenir avocate. Cela n'a pas été accepté à l'époque par la même sorte d'individus qui manipulent le concept simple d'accommodement raisonnable. En 1999, c'est à une femme qu'on a réfusé de garder son métier de pompier qu'elle faisait déjà depuis trois ans pour cause de son incapacité à courir autant que ses collègues masculins. Pourtant, un autre choix de test(l'endurance psychologique face aux dangers du métier, par exemple) lui aurait peut-être favorisé. Peu avant elle, je crois, c'était le turban des Singh au sein de la GRC. Depuis 1969, on peut voir comment a évolué tout le débat sur l'homosexualité et les homosexuels. Que dire du débat autour de la question relative à la peine capitale en 1976, etc... Tous ces cas ont soulevé le tollé au sein de la majorité mais l'érection des valeurs démocratiques et la société en sont sorties gagnantes.
Aujourd'hui, c'est la femme musulmane voilée qui veut voter; une expression démocratique à encourager plutôt! En quoi le fait qu'elle soit voilée enfreint-il à mon droit de vote en tant que citoyen? Par contre, quand arrive le moment de prendre un vol international, j'aimerais qu'une femme douanière nous rassure que c'est ma voisine de l'élection qui voyage. Donc cas par cas, contexte par contexte!
Bref, je suis porté à croire que la presse québécoise fait mal son travail... Soit dit en passant, regardé les émissions de télévision qu'il y a au Québec, on peut compter les minorités racialisées travaillant à ce medium au bout des doigts. Tout ceci vient prouver pourquoi, à mon avis, la statistique de personnes opposées au concept même d'accommodement raisonnable est très élevée.
Mastaki
