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Que de questions
Il n'y a pas que le ministre de la Défense Maxime Bernier qui remette en question l'utilité du Bloc. On a pu lire un article analytique très détaillée sous la plume d'un chroniquer politique, avec cet en-tête : « Le Bloc québécois a-t-il encore une raison d'être à Ottawa? »
Dans ces circonstances, rien de tel que de relancer et rassembler des forces contre un « ennemi ». La junte militaire d'Argentine a utilisé cette stratégie en déclenchant la guerre des Malouines, pour pallier le mécontentement populaire suscité par des difficultés économiques. Ici, bien entendu, il ne s'agit que d'une guette politique, mais qui pourrait mobiliser des combattants.
Stéphane Dion, qui pour l'instant semble hésiter sur la conduite à tenir - mais c'est peut-être une tactique - ou qui veut se ménager du temps, pourrait utiliser la même stratégie : pour combattre les adversaires, il faut resserre les rangs. Ce n'est pas le moment de se diviser sur des questions de chef. C'est un peu un jeu de quitte ou double.
Et Stephen Harper détient de son côté les cartes du jeu. Puisqu'il sait ce que veulent les partis d'opposition, il peut ou non inclure dans son discours du Trône des éléments qui répondent aux exigences de l'un ou l'autre, du parti libéral en particulier, moins exigeant semblet-il sur ses conditions.
Mais tout cela ressemble à de la politique partisane qui ne prend guère en compte les intérêts des citoyens et de leur pays. Faut-il reprendre des propos que je citais il n'y a pas si longtemps (le 5 septembre) «La politique, disait Charles de Gaulle, un véritable homme d'État, quand elle est un art et un service, non point une exploitation, c'est une action pour un idéal à travers des réalités.» (Conférence de presse, 30 juin 1955). Ou ceux0ci : «Il est important de considérer le rôle du politique comme un dépositaire du devenir d'un peuple. Lourde responsabilité... » (Irma Ly Tang, «Réflexions sur le rôle de la politique». Il semble que oui.
