Élection partielle aujourd'hui - Le sort de la chef du PQ est entre les mains des électeurs de Charlevoix
Mots clés : Parti québécois, Pauline Marois, Élection partielle, Élection, Parti politique, Québec (province)

Photo: Jacques Nadeau
Mme Marois avait déjà été élue députée dans la circonscription de La Peltrie (banlieue de Québec) en 1981. Battue en 1985, elle se faisait réélire dans Taillon (rive sud de Montréal) en 1989 et conservait ce siège jusqu'à ce qu'elle démissionne en mars 2006.
Devenue chef du PQ à la suite du départ d'André Boisclair, Mme Marois se porte candidate dans une circonscription de la région de Québec, une région qui l'a vu naître et où elle a toujours gardé des assises.
Une défaite porterait un coup presque fatal à la carrière politique de la chef du Parti québécois, mais un récent sondage UniMarketing-Le Soleil donnait une bonne avance à Mme Marois dans les intentions de vote des Charlevoisiens. Elle devançait son plus proche adversaire, l'adéquiste Conrad Harvey, par deux voix contre une, soit 63 % contre 31 %.
Quand les électeurs de Charlevoix élisent un député, ils l'adoptent pour longtemps et sont d'une fidélité remarquable. La circonscription n'a eu que quatre députés en 63 ans. Le docteur Arthur Leclerc, de l'Union nationale, est resté en poste pendant 18 ans (1944-1962) et celui qui l'a battu en 1962, le libéral Raymond Mailloux, a conservé son siège pendant presque un quart de siècle, jusqu'en 1985.
Thèmes locaux
La présence comme candidate d'une chef de parti national n'a pas empêché les débats sur les thèmes locaux pendant la campagne électorale.
La circonscription compte deux papeteries majeures, à Beaupré et à Clermont, et une scierie. La situation difficile dans l'industrie forestière a donc été abordée à plusieurs reprises. Les candidats ont aussi dû présenter leur solution pour offrir de meilleurs services ambulanciers sur le territoire long de plus de 200 km.
Un débat à la télévision communautaire locale s'est déroulé le 12 septembre et Mme Marois y a fait une prestation de qualité contre l'adéquiste Conrad Harvey, notamment grâce à son expérience de plus de 30 ans en politique et à son aisance devant la caméra.
Elle doit cependant se défendre de ne pas habiter la circonscription, bien qu'elle y possède une résidence secondaire, un chalet, en fait.
Nouvelle tuile
La résidence principale de Mme Marois et de son conjoint Claude Blanchet, dans l'ouest de Montréal, a elle aussi causé des maux de tête au clan Marois ce week-end, lorsque le quotidien The Gazette a soutenu dans son édition de samedi que le domicile du couple, situé sur l'île Bizard, était en partie bâti sur des terres appartenant au gouvernement du Québec.
Selon l'article, plusieurs des 41 acres du domaine se retrouveraient sur des terres expropriées par le PQ en 1978 en vue du prolongement de l'autoroute 440. Toujours selon le quotidien anglophone, la résidence serait construite sur d'anciennes terres agricoles dont le zonage a été changé au début des années 1990.
Le clan Marois nie catégoriquement les informations. Le Journal de Montréal rapportait hier que la directrice des communications de Pauline Marois, Christiane Miville-Deschênes, a affirmé que le contenu de l'article publié samedi dans The Gazette est faux.
Selon Mme Miville-Deschênes, le conjoint de la chef du Parti québécois, Claude Blanchet, a les preuves en main pour contrer les allégations du quotidien anglophone. La porte-parole de Pauline Marois assure que M. Blanchet demandera à The Gazette de se rétracter, à défaut de quoi il le poursuivra.
Selon le communiqué émis hier par le clan Marois, Claude Blanchet a un droit de passage pour se rendre à sa maison. Il a choisi d'aménager ce terrain à ses frais tout en étant conscient que les aménagements sont temporaires et que n'importe quand, ils pourraient disparaître.
Autres candidats
Outre Mme Marois et l'adéquiste Conrad Harvey, il y a cinq autres candidats dans Charlevoix: David Turcotte du Parti vert, les indépendants Daniel Laforest et Claude Gagnon, et deux représentants de formations politiques à peu près inconnues, Paul Biron du Parti de la démocratie chrétienne et François Robert Lemire du Parti République du Québec.
Le Parti libéral du Québec a décidé de ne pas présenter de candidat afin de permettre l'élection de Mme Marois. Le premier ministre Jean Charest, souhaite faire face à Mme Marois au Parlement.
Déjà 4370 électeurs, soit 13 % des inscrits, ont voté dans les bureaux de scrutin provisoires. Aujourd'hui, les 131 bureaux de scrutin seront ouverts de 9h30 à 20h.

