Opinion
Lettres: UQAM: une imputabilité collective
Mots clés : crise financière, UQAM, Éducation, Université, Montréal
Je n'ai plus d'intérêt professionnel ni personnel à défendre à l'UQAM, où je fus professeur-pionnier (1969-2002) et que j'ai eu la chance de quitter vivant, en bonne santé et nanti de rentes de retraite me permettant de vivre une fin de vie paisible et ponctuée de bonnes heures pour moi-même et pour les miens.
Dans mon analyse de l'institution uqamienne, je veux souligner un manque fondamental qui perturbe et pollue le système relationnel entre les membres du personnel et les instances de l'université, particulièrement sur le plan professoral et administratif. Ce manque, c'est l'absence d'un code d'éthique inséré dans les structures de l'UQAM, analogue au code dont chaque profession dispose.
Les règles et règlements de l'institution et les conventions collectives ne peuvent se substituer à un code d'éthique qui, en quelque sorte, devient un code de conscience professionnelle qui fonde l'imputabilité des intervenants universitaires. La nécessité d'un tel code, que j'ai proposé dès 1971 et qui, il y a quelques années, a été soulignée dans un rapport de l'ombudsman de l'université à la suite d'une plainte d'ordre éthique que j'avais déposée à son bureau, est encore plus capitale lorsqu'une institution tend vers la cogestion. Sans ce code, l'absence d'une ligne d'autorité clairement définie qui caractérise cette forme administrative entraîne régulièrement une congestion car on ne peut pas, dans les situations limites, préciser qui est responsable: quand personne n'est responsable, tout le monde l'est!
J'ai cru comprendre que c'est d'ailleurs ce que le recteur exprimait à mots couverts dans sa lettre de démission...

