Écoles de communautés religieuses - La ministre serre la vis

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Martine Letarte
Édition du samedi 22 et du dimanche 23 septembre 2007

Mots clés : écoles privées, Michelle Courchesne, communautés religieuses, Enseignement, Gouvernement, Québec (province)

« Certaines écoles juives n'enseignent pratiquement que les livres religieux aux adolescents »

«Si jamais des écoles rejetaient tout simplement nos exigences, elles seraient informées que nous entreprendrions les procédures judiciaires appropriées», affirme la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.

Photo: Jacques Grenier

Écoles juives, musulmanes, scientologues, illégales; plusieurs réalités du système scolaire québécois, autrefois méconnues du grand public et pour le moins dérangeantes, ont éclaté au grand jour ces dernières années. Une école a été fermée officiellement par les tribunaux en juin, mais qu'en est-il des autres? Si le ministère de l'Éducation est souvent montré du doigt dans ce dossier, la ministre, Michelle Courchesne, est sans équivoque. L'heure est au resserrement.

Plusieurs écoles de communautés religieuses ont fait les manchettes depuis quelques années, mais, dans ce dossier, les écoles juives et musulmanes demeurent les plus courantes dans la province, remarque Marie-Ève Garand, directrice générale du Centre d'information sur les nouvelles religions (CINR).

«L'apparition d'écoles musulmanes est un phénomène tout à fait nouveau, dû au fait que la communauté en a maintenant les moyens et que l'immigration récente a permis l'arrivée de candidats bien formés. Toutefois, même si ces écoles enseignent autre chose que la religion, il faut demeurer prudent parce que, généralement, il y a un tri qui se fait en ce qui a trait à la matière à l'étude, pour ne pas heurter les convictions religieuses. C'est d'ailleurs le but de créer ces écoles», prévient-elle.

Pourtant établies depuis une centaine d'années au Québec, les écoles privées juives ont créé de grands remous dernièrement. «Certaines écoles juives ont un permis du ministère de l'Éducation même si, au secondaire, elles n'enseignent pratiquement que les livres religieux aux adolescents. Si, en tant que société multiculturelle, il est souhaitable de ne pas imposer un modèle unique d'enseignement, il est toutefois de notre devoir de se demander jusqu'où on doit aller», indique Mme Garand.

Les écoles juives devront se conformer

Selon la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, il n'y a pas de doute. Les écoles juives doivent se conformer rapidement. Au début de l'été, elle a réuni les directeurs autour d'une même table pour dégager un terrain d'entente.

La difficulté est que, dans la religion juive, tout garçon doit, dès l'âge de 13 ans et jusqu'à ce qu'il devienne chef de famille, passer la majorité de sa journée à étudier la Torah. L'enseignement d'autres matières n'est pas exclu, mais le partage du temps est problématique.

«Les directeurs d'école comprennent toutefois que, au Québec, la loi oblige les enfants à fréquenter l'école jusqu'à 16 ans, et ils devront la respecter. Ce ne sera pas facile, mais le processus de consultation et de transition a été établi. Toutefois, les écoles juives existent au Québec depuis très longtemps et il faut en tenir compte. Il y aura une période de transition, d'environ un an ou deux, au maximum trois ans, mais si jamais des écoles rejetaient tout simplement nos exigences, elles seraient informées que nous entreprendrions les procédures judiciaires appropriées», affirme la ministre Courchesne, toutefois confiante en la bonne volonté de la communauté.

Petits groupes nébuleux

D'autres groupes religieux, plus petits et plus reclus, exploitent légalement ou non des écoles au Québec, alors qu'on ne sait pas toujours ce qui y est enseigné. Prenons l'Académie des petits phénix de Longueuil. «Cette école, dirigée par l'Église de la scientologie, a un permis du ministère de l'Éducation. Pourtant, on ne sait pas vraiment ce qui y est enseigné. On entend seulement des ouï-dire. Le ministère devrait faire enquête. On ne devrait pas donner de permis sans savoir ce qui est enseigné dans un établissement et avec quelles techniques», soutient Mme Garand, qui, par le CINR, vient en aide aux personnes fragilisées à la suite d'une expérience de croyance.

Le ministère de l'Éducation se défend bien d'accorder des permis sans s'assurer que les écoles répondent bien aux critères prescrits, notamment en ce qui a trait au régime pédagogique et à l'évaluation. «Les règles sont claires. Plusieurs demandes de permis sont refusées, d'autres sont accordées, mais des suivis sont faits. Certaines écoles se voient accorder leur permis sous conditions, alors nous les suivons de plus près. De plus, les permis peuvent toujours être révoqués si les critères ne sont pas respectés. D'ailleurs, en ce moment, il y a un gros resserrement qui se fait», précise Michelle Courchesne.

Mais attention, précise la ministre. «Lorsque je dis que nous suivons ces écoles de près, cela signifie au niveau du régime pédagogique et de l'évaluation. En dehors du programme régulier, on ne peut pas empêcher que des enfants apprennent la scientologie.»

Un contrôle difficile

En juin dernier, la Cour supérieure a fermé officiellement l'Institut Laflèche, une école illégale dans la région de Joliette qui a été fondée par le groupe chrétien La Mission de l'Esprit-Saint. Dans cette école, qui était ouverte depuis une trentaine d'années, les enfants apprenaient entre autres qu'ils faisaient partie d'une race d'élite et vénéraient le fondateur du groupe, Eugène Richer, considéré comme l'Esprit saint. Toutefois, comme l'enseignement à la maison par les parents est permis par la loi au Québec, rien n'oblige les enfants à intégrer le système scolaire.

«On sait que certains enfants du groupe fréquentent maintenant l'école régulière, mais maintenant c'est à la commission scolaire de faire son travail. Elle doit s'assurer, par des évaluations, que tous les enfants de son territoire reçoivent une éducation adéquate», affirme Mme Courchesne.

Du côté de Gatineau maintenant, l'école évangélique pentecôtiste illégale de l'Église Nouvelle Alliance, dénoncée dans les médias l'année dernière, semble toujours bien opérationnelle. «Nous n'avons vu aucune action du ministère dans ce dossier», déplore Mme Garand. Au ministère de l'Éducation, on précise que cette école a déposé une demande de permis qui fait toujours l'objet d'une analyse.

Enfin, le ministère de l'Éducation a récemment exigé la fermeture de la petite école mennonite de Roxton Falls, en Estrie, qui enseignait le créationnisme. Refusant de se conformer aux exigences du gouvernement, l'établissement se retrouvait dans l'illégalité. Toutefois, devant la menace de poursuites judiciaires si la communauté rouvrait l'école cette année, les membres ont affirmé qu'ils déménageaient en Ontario, où le gouvernement est moins strict.

Collaboratrice du Devoir


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On vous a vraiment très mal informé ! - par Gilles Léonard
Le jeudi 27 septembre 2007 11:00

Sujet ( Académie Phénix ) - par Daniel Brassard (dandex@videotron.ca)
Le mercredi 26 septembre 2007 08:00

Québec - État intolérant dit le Becket Fund... - par Pierre Zwngli
Le samedi 22 septembre 2007 00:00

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