Quand les parents participent

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Claire Harvey
Édition du samedi 22 et du dimanche 23 septembre 2007

Mots clés : écoles privées, réussite scolaire, parents, Éducation, Enfant, Québec (province)

Tout est mis en oeuvre pour garantir la réussite scolaire

Les parents s'investissent parfois beaucoup dans la vie scolaire de leur enfant. Dans certains établissements, ils ont formé une coopérative et suivent de très près les orientations de l'école.

Photo: Agence France-Presse

De nombreux parents choisissent de payer les droits de scolarité exigés par les écoles privées afin d'offrir à leurs enfants un enseignement de qualité et l'encadrement dont ils ont besoin. «En contrepartie, ils vont s'assurer qu'on leur livre la marchandise promise, explique Auguste Servant, porte-parole de la Fédération des établissements privés. Certaines écoles sont toujours en train de rendre des comptes à cause de cela. Les parents sont les clients. S'ils ne sont pas satisfaits, ils iront voir ailleurs. Les écoles essaient de leur donner ce qu'ils veulent.»

La participation des parents varie donc beaucoup d'un établissement à l'autre. Dans certains endroits, comme au Collège français, situé à Montréal, on parle d'une collaboration. «Ils nous appellent dès qu'il y a le moindre problème et nous les recevons immédiatement», signale Jean-Louis Portal, directeur du secondaire.

Dans d'autres endroits, les parents accordent un soutien sur une base individuelle, par exemple en collaborant au journal scolaire ou encore en finançant certains équipements, comme les caméras de surveillance. Collectivement, ils sont aussi très actifs au sein de l'association de parents. «Ils organisent des activités parascolaires liées aux choix de carrière des élèves et les expo-sciences, raconte Kathleen Cassy, directrice générale du pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, un collège privé montréalais pour filles. Ils vont aussi parrainer une élève, en acquittant ses droits de scolarité pendant tout le secondaire. Enfin, une fois par an, ils reçoivent à déjeuner tout le personnel, ce qui permet de tisser des liens.»

Président de l'association de parents depuis trois ans, Étienne Bouchard consacre environ une centaine d'heures par année à des réunions de toute sorte. Mais il s'agit de temps bien investi. «C'est l'endroit idéal pour rencontrer les enseignants et la direction. On peut ainsi suivre le programme pédagogique et donner son avis. Nous bénéficions d'une excellente écoute de la part de la direction parce que nous sommes les représentants des parents.»

Une coopérative au Mont-Saint-Louis

Ailleurs, les parents forment une coopérative et suivent donc de très près les orientations de l'école. C'est le cas du collège Mont-Saint-Louis, un établissement montréalais qui accueille des filles et des garçons du secondaire. Ici, les parents sont omniprésents. Au cours d'une assemblée annuelle, les membres de la coopérative élisent le conseil d'administration de l'établissement, formé de 10 parents dont l'enfant fréquente l'école. Dans l'exercice de ses fonctions, ce conseil bénéficie du soutien de divers comités, composés eux aussi de parents. Ainsi, le comité de déontologie s'assure que les administrateurs ne sont pas en conflit d'intérêts, tandis que le comité des ressources humaines évalue la direction générale et fait ses recommandations au conseil d'administration.

Président du conseil d'administration du collège depuis quatre ans, René Langlois fait valoir que les parents ont ainsi plus de possibilités d'aider l'établissement et de s'assurer que ses orientations concordent avec leurs valeurs. «Pour fonctionner, une coopérative a besoin de ses membres. Comme pour tous les parents, l'avenir de mes enfants me tient à coeur et l'école joue un rôle très important à cet égard. Donc, pourquoi ne pas y être? C'est une façon de s'assurer que l'établissement qui marquera nos jeunes pour la vie dispose des ressources nécessaires pour préparer leur avenir professionnel.»

André Lacroix, directeur général du collège Mont-Saint-Louis, croit pour sa part que ce mode de fonctionnement donne beaucoup de pouvoir aux parents. «Si le conseil d'administration n'est pas d'accord avec un projet que je lui présente, il a le dernier mot. Les clients sont aussi les patrons, ce qui a des avantages et des inconvénients. Cela va bien tant et aussi longtemps que les décisions à prendre ne sont pas à caractère émotif. Par exemple, s'il était question du renvoi de l'enfant d'un administrateur, ou encore si un membre du conseil d'administration décidait d'occuper mon poste, on gérerait cela comment? Même chose si je voulais augmenter les droits de scolarité et qu'un administrateur s'y opposait, jugeant qu'il paie déjà assez cher. Je n'ai pas ces problèmes-là, mais cela pourrait arriver.»

Une association pour Saint-Charles-Garnier

Il n'y a pas qu'au collège Mont-Saint-Louis où les parents s'investissent beaucoup. Ils sont aussi très dynamiques au collège Saint-Charles-Garnier, situé à Québec. «Le collège travaille en étroite collaboration avec l'association de parents, explique Mario Gagnon, directeur général du collège. L'association consulte les parents et les élèves. Elle recueille les plaintes des jeunes, etc. Les parents occupent aussi trois sièges au conseil d'administration; ils ont donc une voix importante et nous devons en tenir compte. Par ailleurs, nous avons des parents qui proviennent de tous les horizons. Lorsque nous avons besoin d'expertise, ils proposent leurs services, ce qui bénéficie à tout le monde. Par exemple, nous faisons appel aux parents de diverses professions pour qu'ils viennent parler de leur carrière aux élèves.»

L'association de parents met son grain de sel un peu partout. «Non seulement nous nous assurerons que les activités soutiennent la formation des élèves, mais nous nous penchons aussi sur leur qualité de vie. Ainsi, nous voyons à l'aménagement de la cour de l'école. Cette année, nous prévoyons la verdir au moyen d'une plantation d'arbres. Bien sûr, nous participons aussi étroitement à l'organisation du fameux bal de fin d'études», raconte Jean Beaudoin, le président, dont les deux filles fréquentent l'établissement. C'est d'ailleurs pour leur donner l'exemple qu'il a décidé de s'engager au sein du collège.

Dans cet établissement, qui accueille les filles et les garçons du secondaire, les parents disposent en plus de cinq comités -- un par niveau scolaire -- pour les représenter. «Les personnes qui siègent à ces comités savent tout ce qui se passe dans l'école et peuvent ainsi intervenir rapidement», dit Henriette Dumont, présidente d'un tel comité depuis trois ans et mère d'une élève. Ces comités bénéficient également d'un budget de quelque 1500 $ pour les sorties pédagogiques. Ils ont un site Internet et communiquent entre eux au moyen d'un forum de discussion.

Autant de façons donc de contribuer à la réussite scolaire de sa progéniture.



Collaboratrice du Devoir


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com