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Infiltration tranquille de l'intolérable

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Antoine de la Gardelière
Envoyé Le mardi 09 octobre 2007 13:00



Bock-Côté est un nul, il s'exprime comme un nul, écrit mal, comme l'éternel étudiant nul qu'il est, et sa seule pertinence actuelle n'est liée qu'au fait que bien des gens nuls, récemment alphabétisés par des nuls, ne savent pas discerner la nullité intellectuelle et le verbiage émotif de la réelle réflexion sociologique.

Quiconque parle de « Québec réel » prouve sans équivoque la nullité de sa matière grise.

L'Histoire n'est pas un téléroman nul, teinté de « terroir » ou de banalités circonstancielles contemporaines, si propres, aux « Virginie » de notre culture populaire. La courbe qui décrit le destin d'un peuple, dans l'absolu universel, ne tient pas compte du complexe d'infériorité d'arrières petits-fils de paysans écrasés pendant des siècles par une erreur militaire française.

Toutes ces palabres jonglées maladroitement sur la place publique n'ont gagné en pertinence que depuis qu'un âne loupérivois est sorti de sa grange pour investir les fauteuils de l'opposition officielle. Lui-même n'est motivé que par une hargne intérieure, un complexe d'infériorité, et aussi, disons-le, l'urgence de rembourser les dettes monumentales comptabilisées après sa défaite en 2003 (oui oui, Marriou commençait à coûter cher à ses bailleurs de fonds. C'est ça aussi, la politique. Il fallait prendre un virage musclé vers le populisme, afin de rentabiliser l'entreprise adéquiste). La paranoïa d'un petit peuple complexé, jadis châtré, a une bien grande valeur électorale ; on l'a bien vu dans plusieurs pays, à plusieurs époques.

Le « nous » n'existe pas. Enfin, il existe, mais faute d'y trouver une réelle valeur historique, du passé vers le futur, on surfe agilement mais de façon superficielle sur les concepts de « langue française », de « catholicisme », ou bedon « Non non non ! Nous = laïcité, donc pas catholicisme. » Âneries renversantes.

La vérité est que dans le « Québec réel » dont certains parlent, il y a une homogénéité ancestrale biologique. C'est tout. Ah ! Et aussi un viol impérialiste, diront les autochtones. Mais ça, on peut l'oublier. C'est ben jusss des Indiens sniffeux de colle. Nos colons violeurs de terre, c'est pas la même affaaay que les Anglais su'é Plaines d'Abraham. Ô vertueuse colonisation française (défaite par Wolfe, et bien fait pour vous).

Mais il n'y a pas grand-chose d'autre qui puisse inscrire le Québec à la table des grandes « nations », un terme d'ailleurs fort récent, flou, bien débattu en dehors des salles de classe où l'on permet à de jeunes pseudo intellectuels grassouillets (et amer de l'être) de baver leurs nullités analphabètes. Rien de plus. Un peuple de Blancs, descendant de l'Europe, « francophone » dans une enclave anglo-saxonne.

Bravo aux ancêtres d'avoir bravé l'hiver, de s'être endurcis face à la maladie, la mort précoce et l'ignorance. Bravo aux anciens d'avoir mangé du pain noir, d'avoir ravalé la honte du vaincu, de s'être appauvri en pondant trop d'enfants, bataille des berceaux oblige.

Mais outre ces romantiques images de catalognes faites de moches retailles, d'insipides soupes de gourganes et autres moulées pour cheval hissées au rang de l'art culinaire (ex : pâté chinois), malgré les bonnes vieilles soirées de gigue où les ceintures fléchées volaient au vent, il y a la réalité : instruction élémentaire inaccessible, mentalité arriérée, médiocrité mesquine et xénophobie (même entre vos ancêtres et des « survenants » bien blancs, cathos, francos) sous les clochers des villages, noirceur intellectuelle du vaincu gardé à l'écart du progrès, etc. Et aujourd'hui, on défend une « identité » qu'on ne réussit même pas à qualifier franchement, mais que nous touchons parfois du bout des doigts, exaspérés. Bien sûr, mieux vaut un lourdaud franchement xénophobe comme le Bock, qui a le courage de prendre position pour la connerie, plutôt qu'un auteur minable de romans savon à saveur d'inceste et de foin (VLB). Ce dernier quitta le PQ pour rejoindre l'ADQ, Mario Ducont étant le « seul à parler d'identité ». Le médiocre barbu bourbouilleur de pages s'était toutefois gardé de définir concrètement sa vision de « l'identité ». Faible et minable, tel une tourtière sans épices (importés).

Mais que diable veut dire « identité québécoise » ?

Religion ? N'en parlons pas ce serait malhonnête.

Langue ? Soyons sérieux : nous ne sommes pas francophones, mais créoles. D'ailleurs, jusque dans nos facultés, l'analphabétisme s'affiche au tableau. Si si, bien des profs, gardiens du savoir supérieur, sont analphabètes fonctionnels.

L'art visuel ? L'art culinaire ? Les prouesses industrielles ? Pfff.

Alors quoi, diable ? La génétique ? Le folklore ? Céline Dion ? Le Cirque du Soleil ? Les réflexions de Bazzo ? Foglia ? Curzi ? (Euh... oups, ils sont d'origine italienne. Désolé. Bah, au moins ils sont bien blancs, non... ?)

ALORS QUOI ?

Réponse : rien.

Rien du tout, et voilà la source de cette névrose identitaire, où se manifeste la honte de constater qu'il est bien maigre, ce « glorieux bilan historique » qu'on tente de prôner, comme des Européens nordiques parlent de graal, ou de celtes chaudrons sacrés. Il faut avoir le courage de constater que les référentiels qui nous attendrissent et nous rassurent (la grand-maman qui parle un créole paysan, entre le joual et le hennissement, la bêtise d'un grand oncle qui, au party de Noël, pontifie ses analyses de l'actualité avec le vocabulaire d'un enfant du primaire au collège Marie-de-France, les textes naïfs des chansons de Beau Dommage, etc) n'ont peut-être qu'une valeur sentimentale, mais que sur la courbe de l'Histoire des civilisations, il n'y a pas lieu de « s'énarver ». Palabrer des âneries folkloriques à la commission Bouchard-Taylor, faute de savoir calmer cette névrose, voilà un exercice divertissant, mais bien vain.

Il n'y a surtout pas lieu de chanter la pertinence des nullités d'extrême droite du beau Bock, qui ne cherche qu'à se décomplexer lui-même. Pas besoin de publier un essai vaguement politico-sociologique pour ça : feront l'affaire un bon entraînement sportif, une bonne diète, une jolie femme à baiser régulièrement (et pas une éléphante comme Mme Ducont), un bon psy, une conversation avec son pôpa et sa moumah sur les raisons de leur propre complexe d'infériorité, légué par hérédité au petit rondelet... Voilà qui nous garderait des élucubrations xénophobes et historiquement approximatives de l'inculte Bock.

« Après 400 ans d'enracinement, l'immigrant n'est plus immigrant. » Pfff. N'importe quoi.

Nuls « identitaires » : taisez-vous, laissez le temps passer. Vous verrez, quand viendra le crépuscule de votre petite vie de 90, 95 années, que votre viscérale honte d'exister s'effritera. Cette honte d'avoir permis si longtemps qu'on vous traite comme les Noirs et Portoricains des É.U. Cette honte d'avoir été le premier de votre arbre généalogique à savoir agencer sujet, verbe et complément (approximativement). Cette honte d'avoir tardé si longtemps à vous couvrir d'autres étoffes que ces catalognes brutes, faites de retailles. Cette honte d'avoir été (j'use du passé pour être poli) analphabètes jusqu'à récemment. Cette honte d'avoir de n'avoir commencé à imaginer un monde externe à la paroisse qu'en 1967. Cette honte d'avoir laissé un âne complexé, paysan et alcoolique (tiens, lui aussi... Mais pour lui, c'était une affaire de déformation pénienne...) gérer le Québec comme on gère un pays du tiers-monde, et ce, par cinq mandats, dont quatre consécutifs.

Cette noblesse identitaire dont vous tentez si avidement de prouver l'existence, elle n'existe que dans le mythe. Vous avez perdu, la France vous a préféré la Guadeloupe, le vainqueur a choisi de ne pas vous exterminer (il l'a fait, ailleurs, mais en des endroits où le vaincu n'était pas blanc-catholique-descendant d'Européens). Tant pis ! Soyez aigris contre vos cousins, et contre la nullité paysanne de vos aïeux, pas contre les immigrants, dont plusieurs cohortes sont venus vous alphabétiser, au lendemain de la mort de votre Papa-Duplessis et de ses Curés-macoutes.

Cela dit, aimons le Québec du ministère de l'Éducation de 1978, lors de la création de Passe-Partout, aimons le Québec du gouvernement le plus diplômé d'occident, pendant plusieurs mois (1976), aimons le Québec qui regarde vers l'avant, pas vers le douloureux passé avec sa frousse paysanne de l'évolution du tableau démographique.

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