Un Canadien à Guantánamo - Dion veut que Khadr soit jugé au Canada

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PC
Édition du jeudi 20 septembre 2007

Mots clés : Omar Khadr, Stéphane Dion, Guantánamo, Justice, États-Unis (pays), Canada (Pays)

Toronto -- Ottawa doit appliquer plus de pression sur Washington pour qu'un Canadien incarcéré dans la prison militaire américaine de Guantánamo Bay soit finalement traduit en justice, a soutenu hier le chef libéral Stéphane Dion -- sinon, Omar Khadr devrait subir son procès au Canada.

M. Dion a rencontré pendant plus d'une heure deux des avocats militaires américains de Khadr dans un hôtel du centre-ville de Toronto, en profitant du 21e anniversaire du détenu pour réclamer de nouveau sa libération.

«Nous ne pouvons accepter que le procès de ce Canadien ait lieu à Guantánamo, a dit M. Dion. Il [Khadr] doit être traduit en justice devant un tribunal civil. C'est ce que nous demandons [...] et si les autorités américaines refusent, nous demanderons alors le rapatriement de ce citoyen.»

Le jeune homme de 21 ans est accusé du meurtre d'un officier américain en Afghanistan en 2002 lors d'un affrontement dans un camp d'al-Qaïda, alors qu'il n'était âgé que de 15 ans. Il est depuis détenu au camp militaire de Guantánamo, à Cuba.

Maxime Bernier, le nouveau ministre des Affaires étrangères, était en déplacement hier et n'a pu commenter l'affaire. Son porte-parole Neil Hrab a toutefois reconnu que les accusations contre Khadr sont «graves», tout en estimant qu'il est trop tôt pour débattre du lieu où le procès aura lieu.

«Toutes questions concernant les intentions du Canada de demander ou non la libération d'Omar Khadr de Guantánamo sont prématurées et spéculatives, puisque le processus judiciaire et les appels ne sont pas terminés», a dit M. Hrab.

Le Canada est le seul pays occidental à ne pas avoir encore obtenu la libération d'un de ses citoyens de Guantánamo, a dit M. Dion. D'autres pays -- comme le Danemark, la France, l'Espagne et l'Allemagne -- ont obtenu la libération de leurs ressortissants, tandis que le Royaume-Uni a même obtenu la libération de résidants permanents qui ne sont pas des citoyens.

«Quand on a le dernier citoyen occidental encore incarcéré à Guantánamo et que le gouvernement ne fait rien, alors on peut se poser la question: pourquoi les autres pays l'ont-ils fait, mais pas le Canada?», a estimé M. Dion.

Un juge militaire américain a rejeté la cause contre Khadr en juin, affirmant qu'il n'avait aucune juridiction dans cette affaire. Le gouvernement américain veut toutefois que Khadr soit jugé immédiatement par un tribunal militaire, malgré le fait qu'il n'ait pas été déclaré «combattant ennemi illégal», comme l'exige le Congrès.

Un des avocats militaires de Khadr a prévenu que si son client n'est pas traité équitablement, ce sera à cause d'un manque de pression politique de la part du Canada.

«Nous voulons que le processus aille de l'avant, nous ne réclamons pas un résultat prédéterminé, ce que certains semblent rechercher. Et c'est ce que [Guantánamo] offre, et c'est pourquoi c'est un processus injuste et inéquitable», a dit le lieutenant William Kuebler.

Le gouvernement canadien s'est inquiété publiquement du sort de Khadr pour la dernière fois peu de temps après son arrestation en 2002, demandant qu'il ne soit pas envoyé à Guantánamo. À ce moment, le ministère des Affaires étrangères avait émis un communiqué dans lequel il s'inquiétait de son jeune âge.

Plusieurs politiciens, des groupes de défense des droits de la personne, dont Amnistie internationale, de même que les avocats de Khadr ont demandé à Ottawa d'intervenir pour protester contre le traitement juridique imposé au jeune homme.


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