Sept personnalités ont été tuées au Liban depuis deux ans et demi - Un député libanais anti-syrien est assassiné à Beyrouth

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AFP , Reuters
Édition du jeudi 20 septembre 2007

Mots clés : député libanais anti-syrien, Gouvernement, Syrie (pays), Liban (pays)

Des pompiers libanais tentaient hier d'éteindre le feu qui a embrasé une voiture.

Photo: Agence Reuters

Beyrouth -- Un député de la majorité antisyrienne du Liban a été assassiné hier dans la banlieue est de Beyrouth dans un attentat à la voiture piégée qui a aggravé la crise politique à quelques jours de l'élection présidentielle.

Le député phalangiste chrétien Antoine Ghanem et six autres personnes sont morts dans la très forte explosion qui a aussi fait une trentaine de blessés, selon la Croix-Rouge.

La télévision a montré des images de plusieurs voitures en feu. Une épaisse colonne de fumée s'élevait de ce quartier commerçant et résidentiel, d'où les secours s'employaient à évacuer les victimes.

Rapidement condamné par la Maison-Blanche, l'attentat, qui va vraisemblablement attirer une nouvelle fois les regards sur la Syrie voisine, est intervenu à six jours d'une réunion du Parlement libanais pour tenter de désigner un successeur au président pro-syrien Émile Lahoud.

Plusieurs membres de la majorité ont imputé à Damas la responsabilité de l'assassinat d'hier. Les États-Unis et l'ONU ont condamné l'attentat, qui s'inscrit dans une longue liste au Liban.

Depuis deux ans et demi, la capitale libanaise a été le théâtre de plusieurs attentats à la bombe, visant notamment des personnalités anti-syriennes, dont sept ont été tuées.

En juin dernier, le député Walid Eido et neuf autres personnes ont été tuées par l'explosion d'une voiture piégée. En novembre 2006, Pierre Gemayel, le ministre de l'Industrie, membre des Phalanges comme Ghanem, avait été assassiné par des hommes armés. En février 2005, Rafic al-Hariri, l'ancien premier ministre, avait également été victime d'un attentat à la bombe qui avait tué 22 autres personnes. «Il y a schéma.» L'assassinat de Ghanem «semble relever de ce schéma», a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche.

Le député Boutros Harb, membre de la majorité et candidat à la présidence, a vu dans cet assassinat une tentative pour «saboter tous les efforts qui sont déployés pour trouver une porte de sortie à la crise de l'élection présidentielle». «Ceux qui n'ont pas intérêt à ce que cette procédure d'entente nationale puisse réussir, ce sont eux qui ont fait ça», a-t-il déclaré.

Un autre député, Antoine Andraos, a accusé le régime syrien et ses «agents libanais» d'être responsables de l'assassinat d'Antoine Ghanem. «Antoine m'a appelé en début d'après-midi pour me demander où il pouvait se procurer une voiture blindée», a ajouté M. Andraos à la télévision LBCI. «Il se sentait menacé, comme tous les membres de la majorité le sont par le régime de Bachar al-Assad», le président syrien.

Waël Abou Faour, un député proche du chef druze Walid Joumblatt, tout comme Antoine Ghanem, a également accusé la Syrie. «La Syrie veut empêcher la majorité de rester majoritaire en assassinant ses membres; la Syrie veut empêcher la majorité de faire élire un président issu de ses rangs», a-t-il accusé.

Après cette disparition, le nombre de députés de la majorité tombe de 69 à 68 sur un total ramené à 127.

Le Liban traverse depuis dix mois une crise politique qui met aux prises la majorité du premier ministre Fouad Siniora et de Saad al-Hariri, appuyée par les États-Unis, et une puissante opposition soutenue par Damas et Téhéran.

Nombreux sont les observateurs qui soulignent la nécessité de désigner rapidement un successeur au président Lahoud, dont le mandat arrive à expiration en novembre, faute de quoi le pays risque de glisser un peu plus vers la guerre civile, un drame qu'il a déjà connu entre 1975 et 1990.

Le chiite Nabih Berri, président du Parlement, a convoqué les 128 députés le 25 septembre pour élire le nouveau chef de l'État, mais le quorum exigé des deux tiers des élus ne pourra être atteint sans un accord d'ici là, accord largement jugé improbable.

Le Parlement a jusqu'au 23 novembre pour élire un nouveau président, poste qui, selon le système institutionnel en vigueur depuis l'indépendance du pays, doit revenir à un chrétien maronite.

Si les députés ne parviennent pas à se mettre d'accord la semaine prochaine, Nabih Berri convoquera une nouvelle session vers le 17 octobre, dit-on de source politique.


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