Israël déclare Gaza entité ennemie

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Reuters , AFP
Édition du jeudi 20 septembre 2007

Mots clés : Hamas, Palestine (pays), Israël (pays)

Des sanctions économiques seront adoptées

Ce Palestinien a fait des réserves d'essence en prévision de la baisse des livraisons par Israël.

Photo: Agence Reuters

Jérusalem -- En réponse aux tirs de roquettes sur Israël, le cabinet restreint israélien a déclaré hier la bande de Gaza «entité ennemie», ouvrant la voie à une interruption de ses livraisons de carburant et autres marchandises au territoire palestinien contrôlé par le Hamas.

La semaine dernière, une roquette palestinienne tirée depuis la bande de Gaza avait fait 69 blessés sur une base de l'armée israélienne proche de la ville d'Ashkelon, au sud de Tel-Aviv.

«Le mouvement islamiste Hamas est une organisation terroriste qui a pris le contrôle de la bande de Gaza et en a fait une entité hostile. Cette organisation mène des activités hostiles contre l'État d'Israël et ses citoyens et elle est donc responsable de ces activités», souligne le communiqué publié par le gouvernement.

«En sus de la poursuite des opérations militaires ciblées contre les organisations terroristes, Israël imposera des restrictions au pouvoir issu du Hamas de manière à limiter la circulation de marchandises vers la bande de Gaza ainsi que la fourniture de carburant et d'électricité», poursuit le communiqué.

«C'est une déclaration de guerre», a réagi Faouzi Barhoum, le porte-parole du mouvement islamiste, «bien dans la ligne des actions criminelles et terroristes des sionistes contre notre peuple». «Ils veulent affamer notre peuple et le forcer à accepter les choix humiliants qui pourraient découler de la prétendue conférence de paix de novembre», a-t-il ajouté, faisant allusion à la réunion internationale que George Bush veut organiser pour débloquer le processus de paix.

En conséquence de sa décision, prise alors que la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice arrivait à Jérusalem, Israël devrait réduire les livraisons de carburant et freiner les échanges commerciaux vers la bande de Gaza.

Réagissant à l'initiative israélienne, Rice a rappelé que les États-Unis considéraient le Hamas comme une entité hostile, mais a ajouté qu'ils s'engageaient à ne pas abandonner le peuple palestinien à son sort.

Son homologue israélienne, qu'elle venait de rencontrer, a pour sa part déclaré qu'Israël s'abstiendrait de fournir à Gaza tout ce qui excéderait ses stricts besoins humanitaires. Dans un premier temps, la livraison de courant électrique ne devait pas être affectée, déclarait-on de source politique.

Mais en qualifiant Gaza d'entité ennemie, l'État juif pourrait arguer qu'il n'est plus tenu par les règles de droit international régissant l'administration de territoires occupés et n'est plus contraint de fournir d'énergie à la population palestinienne.

«Nous allons demander aux Américains de faire pression sur Israël pour qu'une telle chose ne se produise pas», a déclaré à Ramallah Ryad al-Malki, le ministre palestinien de l'Information. Rice sera reçue aujourd'hui par le président Mahmoud Abbas.

Les Israéliens n'ont pas fixé de date pour le début de l'application de ces sanctions, souhaitant d'abord en examiner les incidences humanitaires et juridiques.

Une partie de la droite israélienne faisait pression sur Olmert pour qu'il lance une offensive de grande envergure dans la petite bande côtière afin de faire cesser les tirs de roquettes palestiniens.

Échaudé par l'expérience de la guerre au Liban en 2006, le premier ministre a résisté à ces pressions, préférant l'arme économique, comme la suspension il y a quelques semaines de la livraison d'électricité à Gaza.

Selon la radio publique, Éhoud Barak, le ministre de la Défense, a écarté à ce stade une offensive terrestre d'envergure contre Gaza en raison des tensions avec la Syrie.


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