Birmanie - Nouvelles manifestations de moines bouddhistes

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AFP
Édition du jeudi 20 septembre 2007

Mots clés : Birmanie, bouddhistes, Manifestation et émeute, Asie (Région)

Rangoon -- Plus de 2000 moines bouddhistes ont de nouveau manifesté hier dans plusieurs villes de Birmanie, dont la capitale Rangoon, un mois jour pour jour après le début d'un mouvement de protestation contre le coût de la vie.

Récitant des prières, plus de 300 moines ont défilé sous la pluie à Rangoon, suscitant l'intérêt de passants qui, à un moment, ont été un millier à les applaudir, pendant que des agents en civil du régime militaire birman surveillaient la situation, selon des témoins.

Les moines se sont d'abord dirigés vers la pagode Shwedagon, la plus importante du pays, mais n'ont pas pu y accéder. Pendant qu'ils défilaient, des dizaines d'agents en civil les suivaient avec des caméras vidéo, mais la marche, qui a duré trois heures, n'a pas été empêchée par la police. Les forces de l'ordre n'ont pas non plus tenté de disperser la foule qui sympathisait avec les moines. Deux autres marches d'environ 100 bonzes chacune ont été signalées dans d'autres parties de la capitale.

Dans le port de Sittwe où les forces de sécurité avaient fait usage de gaz lacrymogènes mardi, plus de 1000 moines ont encore manifesté hier, selon un diplomate occidental. Il a précisé que des policiers avaient utilisé des mégaphones pour dissuader la foule de participer à ce mouvement.

À Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, plus de 500 moines ont également manifesté hier, ont raconté des témoins, tandis que des rassemblements étaient signalés dans au moins deux autres localités. À Prome, un groupe d'environ 500 moines a manifesté contre la junte militaire.

Ces manifestations constituent un nouveau signe de défi majeur à la junte, qui est confrontée depuis tout juste un mois à une vague de protestations consécutive à l'augmentation massive des prix des carburants.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées depuis le 19 août dans les rangs de l'opposition, qui a été accusée par le régime d'avoir fomenté ces troubles. «Si ça prend de l'ampleur, il y a des risques de dérapage», a estimé un diplomate occidental.

Des bonzes avaient été frappés par des miliciens favorables à la junte au cours d'un rassemblement le 5 septembre dans la localité de Pakokku, environ 500 km au nord de Rangoon. Des organisations bouddhistes avaient demandé aux autorités de présenter des excuses avant lundi soir, faute de quoi les bonzes refuseraient les aumônes de militaires et commenceraient à participer à des marches pacifiques.

La Birmanie est gouvernée par des juntes successives depuis 1962. Le régime actuel du généralissime Than Shwe ne tolère aucune contestation. La principale opposante, Aung San Suu Kyi, assignée à résidence depuis 2003, a été privée de liberté pendant la majeure partie des 18 dernières années.


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