Choc architectural au Ritz-Carlton
Mots clés : Provencher Roy + Associés, Ritz-Carlton, Hôtellerie, Économie, Montréal
Un projet de 100 millions sera lancé cet hiver

Photo: Jacques Nadeau
En fait, depuis le début de cette année, le Ritz-Carlton appartient à un consortium dont font partie les Investissements Mirelis, appartenant à la famille Lawi de Suisse, le Groupe Torriani (filiale de Monaco Luxury Hotels) fondé l'an passé par la famille Torriani de Montréal et qui assure la gestion de l'hôtel, et le Groupe Rolaco, qui en était propriétaire depuis 1978 et demeure partenaire dans le consortium actuel, tout comme il conserve des participations dans plusieurs complexes hôteliers en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique. Andrew Torriani, président-directeur général du Ritz-Carlton, a expliqué qu'on voulait avoir des Québécois parce que cet hôtel fait partie du patrimoine montréalais, québécois et canadien. Petite anecdote, les Torriani connaissent bien cet hôtel puisque Andrew et ses trois frères y ont travaillé lorsqu'ils étaient étudiants. «Ils y ont tout fait, même laver de la vaisselle», confie le sénateur Fernand Roberge qui, en tant que patron de l'hôtel pendant plusieurs années, les avaient embauchés. M. Roberge agira comme président du comité-conseil mis en place pendant toute la durée des travaux.
Ceux-ci devaient commencer l'hiver prochain à une date encore imprécise, parce que tous les détails du projet ne sont pas arrêtés, mais M. Torriani espère que ce sera pendant la période creuse de l'industrie hôtelière, vraisemblablement en février. On ne sait pas encore si l'hôtel devra fermer complètement ses portes ou fonctionner partiellement pendant un certain temps. Le projet prévoit une restauration et une modernisation complètes des chambres, qui s'intègrent harmonieusement au style de cet hôtel ayant ouvert ses portes en 1912, et qui a accueilli un nombre considérable de célébrités du XXe siècle -- Elizabeth II, mais aussi Elizabeth Taylor, qui y a célébré son cinquième mariage avec Richard Burton. Il y a eu aussi Churchill, de Gaulle, les Rolling Stones et bien sûr Brian Mulroney, qui en avait fait son quartier général montréalais pendant les années où il fut premier ministre.
Résidences et condos
L'hôtel, qui compte actuellement 229 chambres et suites, n'en aura plus que 130 une fois les travaux complétés. Il y aura cependant en plus 35 résidences et 15 condos-suites. Quel sera le prix de ces résidences et condos? Cela reste à être déterminé, répond M. Torriani. Il en est de même pour la situation des employés. À l'heure actuelle, l'hôtel emploie 276 personnes, dont 240 sont syndiquées. Étant donné qu'il y aura moins de chambres une fois le projet complété, l'hôtel aura besoin de moins d'employés. En revanche, il y aura des services additionnels, ce qui créera des emplois. On ajoutera notamment une piscine et un centre sportif.
Le Ritz-Carlton est le seul hôtel de luxe de Montréal datant de la période 1880-1940 qui soit encore en activité. En 1980, il se classait parmi les 17 meilleurs hôtels au monde et le premier au Canada. Néanmoins, il a perdu depuis lors un peu de son lustre. On ne lui accorde plus que quatre étoiles, alors qu'il en a eu cinq pendant très longtemps. «Notre intention est de faire de la grande dame de la rue Sherbrooke l'hôtel le plus prestigieux de Montréal et du Canada», a déclaré Solly Lawi, président du conseil, lequel fréquente cet établissement depuis fort longtemps, y ayant même célébré son mariage il y a 30 ans. Le Ritz retrouvera sa cinquième étoile, promettent les nouveaux propriétaires, qui parlent de prestige, d'élégance et de sophistication.
Consultations
Pendant toute la durée des travaux, il y aura des consultations avec toutes les instances patrimoniales concernées, notamment le ministère de la Culture et des Communications du Québec et le Comité d'urbanisme de la Ville de Montréal. D'ores et déjà, ces instances ont exprimé leur accord quant au projet, mais il faudra voir son évolution dans tous ses détails. L'architecte Claude Provencher est bien documenté sur les projets reconnus de mariage entre le patrimoine et la modernité, tels que la pyramide du Louvre ou le Reichstag à Berlin. Le bureau Provencher Roy + associés a déjà collaboré à plusieurs projets prestigieux à Montréal, dont ceux du Centre du commerce mondial, du Quartier international et du musée Pointe-à-Callière. «Je pense que le projet du Ritz-Carlton va faire école», pense M. Provencher.
Parmi les autres partenaires connus qui prendront part aux travaux, il y a deux firmes d'ingénierie montréalaises, LBDC et le Groupe E+. Il y a pour l'ingénierie de structure une autre société d'ici, Shector Barbacki Shemie et associés. Pour le design d'intérieur, il y a Buz Design Consultants de Hong-Kong et Patty Xenos Design de Montréal. Enfin, la gestion du projet est confiée à Decasult, une autre société montréalaise bien établie.
Selon, M. Torriani, le Ritz-Carlton demeure encore maintenant un hôtel très fréquenté avec un taux d'occupation qui a été de 74 % en août et qui devrait dépasser 80 % en septembre. Toutefois, les propriétaires ont une volonté très ferme de lui redonner son lustre d'antan. Ils sont convaincus qu'il est le mieux situé, en plein coeur du quartier le plus chic du centre-ville, rue Sherbrooke. Présentement, le gros de la clientèle vient des États-Unis, mais on veut atteindre un meilleur équilibre en attirant davantage d'Européens et d'Asiatiques.
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Alleluia ! - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le mercredi 19 septembre 2007 09:00

