Santé - Jusqu'à 150 000 $ de plus par année pour les spécialistes

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Édition du mercredi 19 septembre 2007

Mots clés : FMSQ, médecins spécialistes, Gouvernement, Médecin, Québec (province)

Québec -- Le salaire annuel moyen des 8000 médecins spécialistes du Québec bondira de 150 000 $ d'ici 2016, en vertu d'un accord intervenu avec le gouvernement Charest.

Même si l'entente est loin de combler toutes les attentes des médecins, il s'agit néanmoins d'un «compromis» somme toute «satisfaisant», a indiqué hier Gaétan Barette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Ce dernier a fait part de sa satisfaction lors d'une conférence de presse tenue dans les bureaux du ministère de la Santé à Québec, flanqué de Philippe Couillard, ministre de la Santé, et de Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du trésor et ministre des Finances.

En vertu de l'entente conclue entre le gouvernement et la FMSQ, le salaire annuel des spécialistes grimpera de 25,3 % -- y compris le redressement de 15,9 % consenti en décembre 2006 -- pour atteindre en moyenne, en 2016, 260 000 $.

À cette hausse significative de la rémunération s'ajoutent des bonifications diverses totalisant 240 millions.

Au total, la cagnotte salariale que se partagent les médecins spécialistes passera de 2,07 milliards en 2006-07 à 3,36 milliards en 2015-16.

Après des années de croisade en faveur d'un traitement salarial comparable à ceux de leurs collègues du Canada, les médecins spécialistes pratiquant au Québec pourront maintenant bénéficier «d'une rémunération compétitive», a dit Mme Jérôme-Forget.

Aucune nouvelle somme

L'entente, a ajouté la ministre, «respecte» le cadre financier imposé par décret aux employés du secteur public jusqu'en 2010. D'ici à l'échéance du décret, aucune somme nouvelle ne sera consacrée à l'entente, a-t-elle insisté, une façon de prévenir les autres groupes d'employés de l'État de ne pas se précipiter dans l'assiette au beurre.

Outre les salaires, l'entente prévoit toute une série de bonis et de récompenses pour encourager les médecins dans leur tâche. Par exemple, les spécialistes les plus prompts à recevoir les patients envoyés par un médecin de famille empocheront dorénavant une récompense financière. D'autres bonis sont prévus pour les spécialistes qui acceptent d'oeuvrer en région ou qui exercent dans des secteurs de pointe.

Cette façon de faire, courante dans le monde occidental, permet de valoriser la profession tout en améliorant l'accès de la population aux soins de santé, a expliqué le ministre Couillard.

L'entente met fin à huit mois de négociations ardues entre le gouvernement et les spécialistes, ainsi qu'au travail du médiateur, Guy Coulombe.

Cependant, avec un écart «brut» défavorable de 50 % entre la rémunération des médecins spécialistes du Québec et celle de leurs collègues du Canada, le redressement de 25,3 % consenti par Québec est loin de rétablir l'équilibre, souligne le docteur Barette.

«Est-ce que l'entente comble l'écart au complet? Non. Mais il arrive un temps dans la vie où il faut faire des compromis. L'objectif n'était pas seulement la récupération salariale, c'était aussi d'établir un nouveau mode de partenariat avec le gouvernement, plutôt qu'un mode d'affrontement», a-t-il mentionné.

Comme il fallait s'y attendre, l'accord met en appétit d'autres professionnels de la santé qui sont insatisfaits de leurs conditions de travail. Déjà, les pharmaciens des hôpitaux ont fait savoir qu'ils exigeaient eux aussi une «entente particulière».


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