La France veut durcir sa politique d'immigration
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Paris -- Les députés français ont entamé hier l'examen d'un projet de loi durcissant les conditions d'immigration, le quatrième de ce type en quatre ans, dont un amendement introduisant des tests d'ADN pour les candidats au regroupement familial suscite particulièrement la polémique.
«Nous devons répondre à l'attente des Français qui nous demandent de maîtriser ces flux migratoires pour préserver l'équilibre de notre collectivité nationale», et poursuivre la «rupture» avec le «chaos migratoire», a déclaré M. Hortefeux en présentant le texte à l'assemblée.
Le président Nicolas Sarkozy, qui avait déjà durci la législation alors qu'il était ministre de l'Intérieur, a promis une immigration «maîtrisée» et «choisie» lors de sa campagne présidentielle, et son gouvernement, qui s'est fixé un objectif de 25 000 expulsions par an, a accentué la pression policière sur les étrangers en situation irrégulière.
Le texte examiné par les députés durcit les conditions de ressources requises pour le regroupement familial et prévoit une «évaluation de la connaissance de la langue et des valeurs de la République».
Un point qui reçoit l'approbation de 74 % des Français, selon un sondage publié hier par le journal Le Figaro.
M. Hortefeux a aussi annoncé hier que le gouvernement envisageait «la possibilité de définir des plafonds chiffrés d'immigration».
Avant même la discussion du texte à l'Assemblée où le parti de droite UMP détient la majorité absolue (314 des 577 sièges), la polémique avait enflé autour d'un amendement qui introduit la possibilité de tests d'ADN sur les candidats au regroupement familial.
Son initiateur, le député Thierry Mariani (UMP, droite au pouvoir) argue que 11 pays européens y ont déjà recours pour prouver, en cas de doute des services consulaires, la filiation de ressortissants originaires de certains pays, africains notamment.
La gauche a bataillé ferme dans l'hémicycle contre un amendement «inacceptable et immoral», selon les termes d'un député.
Il faut retirer cet amendement qui «tourne le dos aux lois bioéthiques et à la tradition française», s'est indigné le socialiste Manuel Valls. Noël Mamère, député des Verts, a dénoncé «un amendement crapuleux et nauséabond».
L'amendement sur les tests d'ADN avait déjà soulevé un tollé de protestations de l'opposition de gauche, des associations et ONG humanitaires et de défense des droits de l'homme, dont Amnistie internationale. Et des remous jusqu'au sein même du parti présidentiel et du gouvernement.
L'UMP et la présidence se sont réservé la possibilité de faire machine arrière. Il ne s'agit que d'une «piste de réflexion», a dit le porte-parole de M. Sarkozy.
Fadela Amara, secrétaire d'État à la Ville et issue de l'immigration, s'était dite «heurtée» par des tests d'ADN, qui jettent «l'opprobre sur les étrangers qui veulent venir chez nous». L'amendement a aussi suscité un tollé chez les scientifiques. Le collectif Sauvons la recherche a dénoncé un «texte inacceptable qui ouvrirait la porte à d'autres abandons».
Le généticien Axel Kahn, dans une tribune publiée par le journal Le Monde, a dénoncé une «régression radicale» et des dispositions «indignes de notre pays et de son peuple».
Un autre ajout au texte devrait susciter le débat: celui levant sous certaines conditions l'interdiction, en vigueur en France, du recensement des origines raciales ou ethniques lors de la collecte de données statistiques.

