Moucharraf quittera l'armée s'il est réélu

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Reuters
Édition du mercredi 19 septembre 2007

Mots clés : Pervez Moucharraf, Forces armées, Gouvernement, Pakistan (pays)

Islamabad -- Le président pakistanais, Pervez Moucharraf, renoncera à ses fonctions de chef de l'armée s'il est réélu en octobre à la présidence et il entamera son nouveau mandat en tant que civil, a déclaré hier son avocat à la Cour suprême.

«S'il est élu pour un second mandat en tant que président, le général Pervez Moucharraf renoncera à ses fonctions de chef d'état-major de l'armée peu après l'élection, avant de prêter serment comme président», a dit l'avocat, Sharifuddin Pirzada.

Malgré les protestations de l'opposition, Moucharraf, un allié des États-Unis, a conservé le commandement de l'armée après sa prise du pouvoir en 1999, à l'issue d'un coup d'État militaire.

Lundi, un responsable de son parti a également assuré qu'il abandonnerait la tête de l'armée s'il est réélu. «Nous nous attendons à ce que, après le processus de sa réélection le mois prochain, si Dieu le veut, le général Moucharraf prêtera serment en tant que président civil avant le 15 novembre», a dit à Reuters Mouchahid Hussain Sayed, secrétaire général de la Ligue musulmane du Pakistan (PML), au pouvoir.

Le mandat actuel de Moucharraf expire le 15 novembre. Son départ de la direction des forces armées serait une victoire pour Benazir Bhutto, ancienne première ministre, qui a toujours souligné qu'elle n'accepterait de partager le pouvoir avec lui qu'à condition qu'il soit un président civil. Bhutto compte rentrer d'exil le 18 octobre, après huit ans passés hors de son pays, a fait savoir sa formation, le Parti du peuple du Pakistan.

En abandonnant le rôle de chef des armées, Moucharraf perdrait sans nul doute une partie de son pouvoir dans un pays qui a été dirigé par des généraux pendant plus de la moitié des soixante années de son existence. Il a toujours décrit son uniforme comme «une seconde peau», mais son entourage affirme qu'il s'est fait à l'idée, il y a déjà plusieurs mois, de quitter l'armée.

Moucharraf briguera un nouveau mandat de cinq ans comme président devant le Parlement d'ici au 15 octobre. La date du scrutin au Parlement devrait être annoncée cette semaine et des élections législatives sont prévues d'ici à la mi-janvier.

Majorité

La Ligue musulmane et ses alliés disposent de la majorité au Parlement, mais plusieurs membres de la coalition au pouvoir sont réservés sur le fait que Moucharraf attende d'être réélu avant d'abandonner son poste de chef des armées.

Une alliance de partis d'opposition a également menacé de boycotter le Parlement si le général-président maintient son projet. Ce boycottage ne changerait pas le résultat de l'élection mais entamerait sa crédibilité.

Le Parti du peuple de Benazir Bhutto n'appartient pas à cette alliance, qui est essentiellement constituée de la faction de la Ligue musulmane dirigée par Nawaz Sharif, ancien premier ministre en exil. Ce dernier a été expulsé vers l'Arabie saoudite lundi dernier, lorsqu'il tentait de rentrer d'exil.

Mais la menace la plus lourde qui pèse sur les projets de réélection de Moucharraf vient de la Cour suprême, jugée hostile au président depuis que ce dernier a tenté sans succès de limoger son premier magistrat.


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