L'Irak veut mettre au pas les sociétés de sécurité privées
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Bagdad -- Bagdad a annoncé hier qu'il voulait mettre au pas les compagnies privées de sécurité en Irak après un incident impliquant la plus connue, Blackwater, qui a coûté la vie à 10 Irakiens et conduit Washington à exprimer ses regrets.
Cette décision intervient après une fusillade dimanche sur le passage d'un convoi diplomatique escorté par l'entreprise américaine Blackwater, chargée de la protection de l'ambassade des États-Unis à Bagdad. Dix Irakiens ont péri, dont neuf civils.
Les autorités irakiennes ont annoncé que Blackwater, une référence dans le monde en pleine expansion des «compagnies privées de sécurité», n'avait plus le droit d'opérer en Irak et que les responsables de ce qu'elles considèrent comme «un crime» devaient être déférés devant la justice irakienne. «Le crime a été commis par des employés de Blackwater sur le territoire irakien; la justice irakienne peut lancer des poursuites contre Blackwater», a estimé le juge Abdel Sattar Ghafour Bairakdar, de la Cour suprême de justice.
Hier soir, aucun personnel de Blackwater n'avait été appréhendé ou expulsé. Le statut légal de cette entreprise, qui emploie 1000 gardes étrangers en Irak et a bénéficié de 500 millions de dollars de contrat du Pentagone dans ce pays, est incertain.
Comme les autres entreprises de sécurité, elle se considère protégée des poursuites légales par un statut d'immunité décidé en 2004 par Paul Bremer, l'administrateur américain en Irak. La validité de ce statut est contestée depuis la formation d'un gouvernement irakien et le vote d'une Constitution en 2005.
Dans un communiqué cité par la chaîne CNN, la direction de Blackwater, par ailleurs injoignable, a estimé que ses agents avaient agi en légitime défense, tout en regrettant «les pertes humaines».
Selon la version officielle américaine, le convoi a été attaqué par des insurgés et des échanges de tirs ont suivi. Selon des témoins, les hommes de Blackwater ont tiré au hasard sur les civils, dans le quartier de Mansour.
Ali al-Dabbagh, le porte-parole de M. Maliki, a dénoncé une «agression haineuse [...] contre des citoyens irakiens».
Les États-Unis ont exprimé leurs «regrets» pour cette fusillade, et aux dires des représentants de Bagdad, Condoleezza Rice, la secrétaire d'État américaine, s'est «excusée personnellement» par téléphone auprès de M. Maliki. Le département d'État américain s'est montré prudent, affirmant que seule l'enquête en cours pourrait déterminer les circonstances de la fusillade.
Les Bagdadis redoutent le passage dans leurs rues des convois de 4x4 blindés aux vitres fumées des compagnies comme Blackwater, avec leurs tireurs, postés sur des tourelles, qui pointent leurs mitrailleuses sur tout ce qui bouge.
Un chargé de presse du Pentagone a précisé que le ministre de la Défense, Robert Gates, se penchait sur le recours par l'armée américaine à ces entreprises privées de sécurité.

