Fruits de saison - Septembre ou le temps qu'il fait sur mon pommier...

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Réginald Harvey
Édition du mercredi 19 septembre 2007

Mots clés : Pommes Qualité Québec, pommiers, Agriculture, Québec (province)

L'industrie «pomicole» met sur étals «Pommes Qualité Québec»

Tous les pomiculteurs d'ici doivent composer avec le climat dans une large mesure. «Septembre est le mois-clé parce que c'est celui de la cueillette, mais les deux mois qui précèdent sont aussi importants. S'il pleut trop durant les mois de juillet et d'août, on va avoir de la difficulté à obtenir une pomme de qualité qui va se conserver à long terme», explique Daniel Ruel, directeur général de la Fédération des producteurs de pommes du Québec.

Photo: Le Devoir

Septembre, c'est le gros mois de la cueillette des pommes. Les experts estiment que la cuvée 2007 sera bonne: si les conditions climatiques ne viennent pas gâter ce fruit qui garde en santé et tient les médecins à distance, ce dont le Québec a bien besoin, ils prévoient que la récolte se situera autour de 5 332 000 minots, en comparaison avec une moyenne annuelle de 5 000 000 par le passé. Comment se porte l'industrie québécoise de la pomme et quelles sont les tendances dans ce secteur d'activité?

En fait, où sont situés les vergers québécois abritant les pommiers les plus nordiques de notre continent? Il existe bel et bien des pommiers dans la région de Québec, mais les principaux vergers se retrouvent dans le Suroît, comme l'indique Daniel Ruel, directeur général de la Fédération des producteurs de pommes du Québec: «Les plus importantes places de production sont Frelighsburg, Dunham, Saint-Paul, Saint-Grégoire, Franklin Centre et Hemmingford. Dans le coin des Laurentides, il y a Saint-Joseph-du-Lac et Oka. Dans ces secteurs-là, l'économie tourne autour de la pomme.»

La Fédération regroupe autour de 650 producteurs. À peu près 40 % d'entre eux réalisent une production de 6 000 minots ou plus de pommes par année. Le directeur sort sa calculatrice: «J'ai 60 % de ceux-ci qui font 22 % du volume total, soit 10 000 minots ou moins, et 40 % de mes producteurs font 80 % du volume, soit 10 000 minots ou plus.» Une des tendances du marché veut que les plus petits arrivent plus facilement maintenant à tirer leur épingle du jeu: «Ils font beaucoup de produits à la ferme ou dérivés. Ils préparent du cidre, de la compote, du vinaigre de cidre, etc.; ils vont aussi pratiquer l'autocueillette. Ils donnent accès aux consommateurs à leur marché par différents moyens.»

Beau temps, mauvais temps

Tous ces pomiculteurs d'ici doivent composer avec le climat dans une large mesure, comme il le laisse savoir: «Septembre est le mois-clé parce que c'est celui de la cueillette, mais les deux mois qui précèdent sont aussi importants. S'il pleut trop durant les mois de juillet et d'août, on va avoir de la difficulté à obtenir une pomme de qualité qui va se conserver à long terme; des désordres physiologiques peuvent survenir qui vont faire en sorte que la pomme sera bonne à la cueillette mais qu'on aura de la difficulté à la conserver.»

Comment se présente la situation cette année? «Le mois d'août a été ensoleillé et c'est très bon, d'autant plus que nous avons eu également un apport d'eau intéressant. Pour septembre, les producteurs souhaitent actuellement qu'il pleuve davantage. Si les arbres se retrouvent en déficit hydrique, ils "chutent" leurs fruits pour se protéger.» Septembre se présente vraiment comme le mois névralgique: «Si on peut avoir de cinq à huit degrés la nuit, avec 20 degrés durant le jour, accompagné d'un beau soleil de plomb, c'est l'idéal.» La pomme cueillie dans des conditions climatiques favorables se conservera durant un mois dans le frigo: «Pour leur part, les producteurs utilisent des entrepôts réfrigérés à l'automne qui servent à garder les fruits en bon état à peu près jusqu'au 15 décembre. Par la suite, ils les placent dans des endroits à atmosphère contrôlée et les premières pommes cueillies, donc les moins mûres, demeurent de bonne qualité jusqu'à la fin mai, voire jusqu'en juin et juillet.»

Le pour et le contre de la pomme

Forces et limites de l'industrie se confondent, comme le laisse savoir M. Ruel: «On peut planter certaines variétés qui ne sauraient survivre ailleurs à cause de notre climat froid. Par contre, on a de la difficulté à produire au Québec d'autres variétés, comme la Gala. Pour nous, ça fonctionne bien avec des pommes à cycle court, qui exigent moins de jours sans gel durant l'année; c'est le cas des McIntosh, Cortland, Spartan et Empire.»

La performance entre de plus en ligne de compte: «Il y a des producteurs qui réussissent à avoir des bons rendements. Il n'en va pas de même pour tout le monde, et c'est là que se situe la limite au Québec. Il faut vraiment travailler extrêmement fort pour réussir des bons rendements dans des pommiers nains et semi-nains de bonne qualité dans notre climat.» En même temps, ce climat-là présente un avantage: «C'est le cas pour la McIntosh ou pour des variétés qui ont besoin de froid la nuit et de chaleur durant le jour, pour aider à faire rougir le fruit.»

Le marché et l'avenir de l'industrie

Le directeur aborde de cette façon la question de la mise en marché: «À peu près 70 % des pommes à l'état frais sont vendues dans les trois grandes chaînes alimentaires, soit Sobey's, Provigo et Métro, et, normalement, ça va assez bien. On essaie de pousser une marque de commerce appelée "Pommes Qualité Québec" pour que les consommateurs soient capables de reconnaître notre produit. Ce n'est pas parfait et on a de la difficulté à appliquer cette marque parce qu'on n'a pas toujours la même vision que les emballeurs sur l'identification du fruit en magasin.»

Le marché est largement à caractère local: «On n'exporte pas beaucoup, soit à peu près 10 % de la production. On le fait surtout du côté des États-Unis et un peu vers les Antilles.»

Reste à savoir si l'industrie est en phase de consolidation ou de développement. Daniel Ruel fournit des explications: «On s'est récemment entendu avec le gouvernement sur un programme de replantation, en vertu duquel on veut rajeunir nos pommeraies, les vergers. On veut obtenir plus d'efficacité et des plus beaux fruits; dans notre secteur, si le fruit n'est pas beau, le consommateur se tourne vers un autre produit parce qu'il porte son choix avec l'oeil. De ce coté-là, ce programme va nous donner un coup de main en rajeunissant nos vieilles pommeraies, en remplaçant nos vieilles parcelles de pommiers standard par des pommiers nains et semi-nains. De la sorte, nous allons être plus efficaces.»

***

Collaborateur du Devoir


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