La marine canadienne assouplit ses règles environnementales dans l'Arctique
Mots clés : santé, environnement, marine canadienne, Pollution, Climat, Arctique et Antarctique (Région), Canada (Pays)
Ottawa -- La marine canadienne a décidé d'assouplir certaines des règles environnementales auxquelles sont soumis les vaisseaux qui patrouillent dans l'Arctique, après que les capitaines eurent prévenu que leurs navires étaient en voie de se transformer en chalands malodorants.
Au lieu de devoir transporter sur leurs ponts tous les rebuts de nourriture en vue d'une éventuelle élimination au port, les navires pourront dorénavant les jeter par-dessus bord.
«Ces rebuts peuvent pourrir ou se putréfier et engendrer des risques pour la santé que les commandants ne peuvent se permettre pendant qu'ils voient au respect de la souveraineté canadienne dans nos eaux arctiques territoriales», poursuit le document.
Les nouveaux ordres, qui sont attendus cet automne, permettraient aussi aux navires canadiens d'évacuer des eaux d'égout brutes, voire de lancer les sacs à ordures par-dessus bord, si des raisons «opérationnelles» le justifient.
«Si les instructions et limites qui précèdent ne peuvent être respectées pour des raisons opérationnelles ou sécuritaires pendant que [le navire] est en mer et que sa capacité d'entreposage est sur le point d'être dépassée, alors les déchets devront être lestés et évacués aussi loin que possible de la terre ferme», explique le document.
La pollution de source militaire dans le fragile environnement arctique est un casse-tête sans cesse plus complexe pour l'armée, à un moment où le gouvernement fédéral envoie de plus en plus de navires de guerre patrouiller une région déjà menacée par les réchauffements climatiques. «Toute nouvelle flore, faune ou pollution dans nos eaux territoriales arctiques comporte un risque d'incidence nuisible sur un écosystème menacé», reconnaît d'ailleurs le document.
Problème majeur
Précédemment, les déchets étaient congelés par le temps froid assuré, mais le réchauffement climatique contraint la marine à réviser ses procédures. Les nouveaux ordres permettront à des «quantités modérées» de rebuts écrasés de nourriture d'être lancées à la mer, si le navire se trouve à au moins 22 kilomètres des côtes. L'évacuation de tels déchets dans l'Arctique était auparavant interdite.
Les ordres permettront aussi le rejet d'eaux d'égout brutes dans l'océan, à la même distance minimale, et seulement lorsque le navire est en mouvement, de manière à faciliter la dispersion.
Dans l'Arctique, il existe un problème majeur: le seul port d'envergure où des déchets et des eaux d'égout peuvent être déchargés est celui d'Iqaluit. Les rebuts peuvent donc dépasser les capacités d'entreposage des navires pendant les missions prolongées.
Un porte-parole de l'organisation environnementale Sierra Club a dénoncé les nouvelles mesures, déclarant que l'Arctique n'a pas besoin d'une nouvelle source de pollution. Jamie Kirkpatrick a précisé que l'époque où on pouvait prétendre que la dilution est la solution à la pollution est révolue.

