Iran - Il faut «se préparer au pire», selon Kouchner

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Reuters
Édition du lundi 17 septembre 2007

Mots clés : Bernard Kouchner, guerre, nucléaire, Armement, Énergie, Iran (pays)

Paris -- La communauté internationale doit «se préparer au pire», y compris «la guerre» dans la crise du nucléaire iranien, a estimé hier le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. «Il faut se préparer au pire [...] Le pire, c'est la guerre», a-t-il déclaré lors du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro.

«On se prépare en essayant d'abord de mettre des plans au point qui sont l'apanage des états-majors. Ça, ce n'est pas pour demain. Mais on se prépare [aussi] en disant: "Nous n'accepterons pas que cette bombe soit construite. Suspendez l'enrichissement d'uranium" et on vous montre que nous sommes sérieux en proposant [des sanctions plus efficaces]», a-t-il poursuivi.

Pour autant, «l'armée française n'est pas pour le moment associée à quoi que ce soit, ni à aucune manoeuvre que ce soit, a précisé Bernard Kouchner, qui ne croit pas à une intervention militaire américaine en Iran avant la fin du mandat de George Bush, en 2008. Je ne crois pas que nous en soyons là, pas du tout. En tout cas je l'espère.»

«Nous avons décidé pendant que la négociation se poursuit [...] de nous préparer à des sanctions éventuelles en dehors des sanctions de l'ONU et qui seraient des sanctions européennes», a précisé le chef de la diplomatie française, indiquant qu'il s'agirait de «sanctions économiques à propos des circuits financiers».

«Nos amis allemands l'ont proposé. Nous en avons parlé il y a quelques jours», a-t-il précisé.

De plus, le gouvernement français a demandé à certaines grandes entreprises françaises de ne pas répondre aux appels d'offre en Iran.

«On n'interdit pas aux entreprises de soumissionner. On leur a conseillé de ne pas le faire. Ce sont des entreprises privées. Mais je crois que ça a été entendu», a-t-il poursuivi, citant notamment Total, Gaz de France «et d'autres».

Washington continue de miser sur la diplomatie pour régler la question nucléaire en Iran, mais «toutes les options restent ouvertes», a affirmé ppir sa part hier le secrétaire à la Défense Robert Gates, alors que le président iranien a prévenu qu'il ne céderait pas à la menace de sanctions.

Mahmoud Ahmadinejad, qui doit se rendre fin septembre à New York pour participer à l'assemblée générale des Nations unies, a de nouveau proposé dimanche un débat public avec son homologue américain George W. Bush pour parler des «grandes questions mondiales dans le but de les régler».


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