Raid en Syrie - Israël se félicite d'une «capacité de dissuasion» retrouvée

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AFP
Édition du lundi 17 septembre 2007

Mots clés : raid, journalistes, Média, Forces armées, Syrie (pays), Israël (pays)

Jérusalem -- Israël s'est félicité hier de sa «capacité de dissuasion» retrouvée après le conflit de 2006 au Liban, en allusion à un récent raid aérien en Syrie sur lequel il a gardé un mutisme total, indiquant toutefois prendre au sérieux l'idée d'une riposte de Damas.

Le black-out des responsables israéliens sur cette affaire entraîne d'ailleurs nombre de conjectures, lancées dans des journaux étrangers et reprises par les médias locaux.

Israël a retrouvé sa «capacité de dissuasion» depuis la fin des combats contre le Hezbollah chiite au Liban il y a un an, a déclaré hier le chef des renseignements militaires, le général Amos Yadlin, cité par la radio publique.

Le général, qui s'adressait à la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement, faisait «allusion au raid aérien israélien en Syrie», selon cette source.

Pour Amos Yadlin, cette «capacité dissuasive a dès à présent son effet sur la Syrie et l'Iran».

L'ancien ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton, a estimé d'ailleurs que le raid israélien en Syrie était «un message clair à l'Iran».

«Je pense que c'est un message clair pas seulement pour la Syrie, c'est un message clair à l'Iran également [pour lui signifier] que ses efforts continus pour acquérir des armes nucléaires ne seront pas sans réponse», a affirmé M. Bolton à la chaîne 10 de télévision israélienne.

Israël continue d'observer un mutisme total sur ce raid aérien qui, selon les médias étrangers, notamment anglo-saxons, aurait visé un site en Syrie abritant des équipements nucléaires livrés par la Corée du nord.

«Israël n'aurait pas mené une telle opération à l'intérieur de la Syrie s'il n'avait pas été question d'une cible de haute importance, comme le serait certainement un effort syrien dans le domaine des armes nucléaires», a souligné John Bolton.

De son côté, le président de la commission, Tzahi Hanegbi, a relevé la «réaction mesurée de Damas». Il a toutefois ajouté «prendre aux sérieux» les menaces de représailles de la Syrie.

«Mais l'armée israélienne est fin prête, on peut se fier à elle. Nous avons tiré les leçons de la guerre au Liban, et l'armée est bien mieux préparée qu'elle ne l'était l'an dernier», a également signalé ce proche du premier ministre Ehoud Olmert.

La Syrie a affirmé que sa défense antiaérienne avait tiré le 6 septembre sur des appareils israéliens ayant violé son espace aérien et largué des «munitions» sur son territoire.

Vendredi, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Meqdad, avait en outre avancé que son pays était en «droit de riposter à l'agression israélienne contre son espace aérien» et qu'elle choisirait «l'heure et le lieu [adéquats] de la riposte».

Interrogé hier sur l'incident, M. Hanegbi s'est refusé à toute déclaration explicite. Et, pour la deuxième semaine consécutive, les journalistes couvrant le Conseil des ministres hebdomadaire n'ont pas été autorisés à s'approcher des ministres.

Sans donner le moindre détail sur l'opération, M. Hanegbi a toutefois affirmé «qu'Israël n'avait pas d'autre choix que de faire comprendre à la Syrie» qu'il ne voulait «pas une confrontation», mais était «prêt à l'assumer».

As-Saoura, un quotidien officiel syrien, a qualifié hier de «mensonges» l'affirmation d'une aide de la Corée du Nord à la Syrie dans le domaine nucléaire, estimant que cette information pourrait constituer «le prélude à d'autres attaques» contre Damas.


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