Menaces d'al-Qaïda - La Suède solidaire du caricaturiste menacé de mort
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Stockholm -- Les menaces de mort, proférées à l'encontre d'un dessinateur et d'un journaliste suédois pour avoir publié une caricature de Mahomet, ont suscité hier une levée de boucliers de la presse suédoise, soutenue par les organisations musulmanes qui les ont fermement condamnées.
Il exige des excuses des «croisés» de Suède sous peine de s'en prendre aux grandes entreprises, telles Ericsson, Scania, Volvo, IKEA ou Electrolux.
Hier, la presse suédoise, solidaire du caricaturiste et du rédacteur en chef, a farouchement défendu le droit à la liberté d'expression.
«Nous vivons dans un pays où la parole et la liberté d'expression ne sont dictées ni par les fondamentalistes ni par les gouvernements», a commenté Thorbjörn Larsson, rédacteur en chef du grand quotidien suédois Dagens Nyheter (DN), qui republiait hier, en format réduit, la caricature incriminée.
«Dagens Nyheter a déjà publié la caricature», a-t-il rappelé. «La publier était pour moi une évidence».
«Les médias suédois doivent se lever pour [défendre] la liberté d'expression», estime de son côté le quotidien Svenska Dagbladet (SvD).
«La liberté d'expression n'est pas un privilège pour les entreprises de presse et les journalistes, mais une garantie pour les citoyens d'avoir des impressions différentes, de nombreuses sources d'information et d'inspiration ainsi que la possibilité de dessiner selon sa propre opinion», ajoute SvD.
Pas question de plier
Le caricaturiste, qui devrait rentrer prochainement en Suède, entend résister. «Nous ne devons pas plier», a-t-il déclaré à DN. «Je commence à être vieux. Je peux mourir n'importe quand. Ce n'est pas une catastrophe.»
Les représentants musulmans ont unanimement condamné ces menaces, estimant qu'ils pouvaient régler seuls le problème.
Le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui poursuit le dialogue avec eux, a de son côté appelé au calme hier.
«Nous appelons au calme, nous appelons à la réflexion, nous refusons les appels à la violence et nous rejetons les tentatives d'aggraver la situation», a-t-il déclaré, relevant à la fois la nécessité de défendre la liberté d'expression et celle de dialoguer et de respecter les personnes ayant des croyances et des origines différents.
L'équipementier en télécommunication Ericsson a de son côté demandé à ses milliers d'employés du Moyen-Orient d'adopter «un profil bas» et a retiré tous ses drapeaux.
La publication le 18 août dans le Nerikes Allehanda, journal local d'Örebro (à l'ouest de Stockholm), d'un dessin, représentant le prophète avec un corps de chien, a déclenché une polémique.
En Suède, des manifestations avaient été organisées et un débat s'était engagé dans les médias suédois appelant au dialogue et au respect de la liberté de la presse.
L'Égypte, l'Iran, le Pakistan avaient en outre protesté par la voie diplomatique.
Les autorités suédoises, qui prennent très au sérieux la nouvelle menace, s'étaient employées à apaiser les esprits par le dialogue. M. Reinfeldt, qui redoutait une internationalisation de l'affaire, s'était ainsi entretenu avec les représentants musulmans et les ambassadeurs des pays arabes et musulmans.

