Opinion

L'UQAM a son avenir entre les mains

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Michelle Courchesne, Ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport et ministre de la Famille

Édition du lundi 17 septembre 2007

Mots clés : accessibilité, recherche, UQAM, Éducation, Université, Montréal, Québec (province)

À l'instar de M. Corbo, j'ai pu apprécier de tout temps le dynamisme de l'UQAM et sa contribution significative à l'avancement de la société québécoise. Animée de cette conviction, j'ai indiqué en mai dernier aux représentants de l'UQAM l'importance que j'accorde à la préservation et au développement d'un établissement universitaire unique sur le territoire montréalais et à l'échelle du Québec.

J'ai pris connaissance avec intérêt, dans la livraison du 12 septembre 2007 du quotidien Le Devoir, des propos de M. Claude Corbo.

Je suis à même de constater combien la mission fondamentale de l'UQAM a évolué au fil des décennies, dans la mesure de ses défis et de ses moyens. La renommée de la qualité de son enseignement, le rayonnement international de ses activités de recherche, l'accent mis sur l'accessibilité et sur les services à la communauté font partie de la mission fondamentale de l'UQAM.

Malheureusement, tous ces acquis remarquables, pour lesquels je rends hommage aux hommes et aux femmes qui y ont contribué -- professeurs, administrateurs, autres personnels, étudiants -- ont été mis à risque par les choix de gestion et de gouvernance faits par l'UQAM.

En effet, de 1996 à 2002, l'UQAM a connu une période de déficit accumulé dont elle s'est sortie en assumant pleinement ses responsabilités. C'est ainsi que, de 2003 à 2005, l'UQAM a connu l'équilibre budgétaire et même enregistré des surplus. L'établissement renouait malheureusement avec les déficits par la suite, avant même que les impacts financiers désastreux de ses initiatives immobilières ne viennent déstabiliser ses finances.

Les effets dévastateurs du fiasco immobilier de l'Îlot Voyageur auraient pu mettre en péril la survie de l'établissement. C'est la raison -- et la seule -- pour laquelle le gouvernement a décidé de tenir l'UQAM quitte des conséquences financières de ce projet lorsque celui-ci aura été adéquatement restructuré. C'est ainsi que le 31 août dernier, j'indiquai à l'établissement que le gouvernement assumerait les impacts financiers de l'Îlot Voyageur, le soulageant ainsi d'un fardeau de plus de 200 millions de dollars! C'est une excellente nouvelle pour l'UQAM, mais aussi un geste que le gouvernement compte bien ne jamais avoir à répéter.

C'est dans ce contexte qu'il revient à l'UQAM d'assumer entièrement les autres éléments de sa situation financière problématique, qui demeurent sa responsabilité.

Il n'est donc pas question de pénaliser les étudiants, pas plus que le personnel de l'UQAM, pour les conséquences du projet de l'Îlot Voyageur dans lequel le conseil d'administration et la haute direction précédente de l'établissement ont engagé celui-ci.

Dans mon esprit, il n'a jamais été question non plus que l'UQAM ne poursuive pas son engagement aux études supérieures et en recherche et création. Ce sont toutes les activités de l'UQAM qui doivent être revues périodiquement, en tenant compte notamment de l'évolution de son environnement.

Je suis d'accord avec M. Corbo lorsqu'il écrit: «[...] il faut se souvenir que d'autres universités québécoises ont choisi de résorber un déficit accumulé sur une très longue période». Le gouvernement ne demande qu'à se pencher sur une proposition de résorption du déficit de l'UQAM et a déjà indiqué qu'il entendait faire preuve de souplesse pour autant que le retour à l'équilibre budgétaire soit assuré.

D'autres entités -- pas seulement des universités, mais aussi des hôpitaux, des cégeps -- ont dû se livrer à des exercices, parfois plus exigeants, de retour à l'équilibre budgétaire. N'oublions jamais que nous parlons ici de l'argent des contribuables et que celui-ci n'appartient à aucune instance publique.

Le gouvernement entend respecter l'autonomie de l'UQAM en la laissant faire les choix qui s'imposent, dont elle est entièrement responsable et desquels elle a à rendre compte au réseau auquel elle appartient, au gouvernement qui la finance et, finalement, à toute la population québécoise.

C'est ainsi que l'UQAM servira le mieux ses étudiants, sa communauté et le Québec tout entier.


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