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De quoi avons-nous si peur ?

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Micheline Trépanier
Envoyé Le mardi 18 septembre 2007 17:00



De quoi avons-nous si peur ?

Face aux travaux de la commission Bouchard-Taylor, jour après jour, exprimée de différentes façons, nous ressassons la même question ou le même doute : « fallait-il donner la parole au peuple ? » laissant entendre : ce n'est peut-être pas une si bonne affaire !

Dans Le Devoir de lundi encore, c'était au tour de monsieur Jean-Jacques Stréliski de s'ajouter à la liste. Dans un article par ailleurs fort intéressant, il s'interroge sur le bien fondé de la commission et nous soumet les raisons plus ou moins occultes qui auraient donné lieu à cette vaste consultation populaire. Il n'est pas le premier à avancer de telles hypothèses.

De quoi a-t-on si peur ma foi, en donnant la parole au peuple ? Oui, il peut y avoir des dérapages, de l'inflation, des débordements, des excès de langage et je ne sais trop quoi encore. Avouez que, dans un Québec où l'on vénère la liberté d'expression, où l'on se targue des droits et libertés, où l'on se pose en modèle au chapitre de la démocratie, il est assez incongru d'entendre tous ces doutes sur le bien fondé de donner la parole au peuple.

Les Québécois ne sont quand même pas du genre à faire sauter la baraque à la moindre occasion. Cet exercice n'est-il pas salutaire pour tout le monde? En réaction à ce qui se passe, on n'aura jamais autant eu accès à de l'information sur le sujet, à des analyses d'experts, aux précieuses mises en contexte de journalistes de toutes tendances, etc ...C'est l'université dans la rue. Comment ne pas se réjouir de ce vaste chantier d'éducation populaire ? Pour preuve, le génial article de Denise Bombardier dans le Devoir du week-end dernier Le Québec malade de la religion et celui de Michèle Ouimet dans La Presse la crise... quelle crise ? et plusieurs autres. Peu importe alors toutes les raisons occultes ou pas, nobles ou pas, qui ont donné lieu à la commission Bouchard-Taylor. Je pense qu'il faut nous réjouir de ce qu'elle permet et promet. Une parole qui circule est beaucoup moins dangereuse que les peurs silencieuses qui maintiennent l'ignorance; et pavent à coup sûr la voie d'une plus grande intolérance encore que celle qui s'exprime à l'occasion de cette consultation populaire.

Micheline Trépanier,
enseignante retraitée

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