Vos réactions
Additionner les données et garder la tête froide.
Quelques questions s'imposent de rigueur:
si les taux de chômage des néoquébécois sont plus élevés que dans le Roc (et plus particulièrement ceux des Noirs et des Arabes);
si ces mêmes néoquébécois possèdent un niveau de scolarisation moyen plus élevé que le reste de la population québécoise;
si la majorité des néoquébécois nés ou arrivés au Québec depuis les deux dernières décennies parlent le francais dans leur majorité;
si la reconnaissance des diplômes et qualifications des néoquébécois est plus limitée qu'ailleurs au Canada;
si des néoquébécois qualifiés ne peuvent pas travailler dans leur domaine de spécialité malgré qu'il y a un manque à gagner au niveau de la main-d'oeuvre dans ces mêmes domaines au Québec;
si les néoquébécois sont proportionnellement moins nombreux dans la fonction publique québécoise que ne le sont les minorités dans la fonction publique fédérale;
si les enfants de la loi 101 sont très peu présents à la télévision et au cinéma québécois et
Additionner les données et qu'est que cela nous donne?
Un marché de l'emploi et du travail ségrégé.
Des ingénieurs qui lavent la vaisselle, des médecins qui lavent des toilettes, des informaticiens qui font du taxi, des pharmacologues qui travaillent comme agent de sécurité, des docteurs en psychologie qui gardent des enfants, et j'en passe.
Nous devons être bougrement riches et prospères pour pouvoir se permettre d'avoir une des classe de travailleurs subalternes les plus éduqués et les mieux formés au monde.
Le Québéc a besoin de maintenir un flot régulier d'arrivée d'immigrants pour maintenir la croissance que nécessite une économie capitaliste. On peut opter de sortir de l'économie capitaliste, ce qui règle le problème de la pureté culturelle mais crée une série de problèmes autrement plus difficile.
L'exclusion d'une partie grandissante mais ultra-fragmentée de la population québécoise( les Néoquébécois constituent environ 15% de la population mais leurs origines proviennent de plusieurs dizaines de pays, d'ethnies, de langue et de religions différentes, bref, rien pour défier la majorité franco-catholique) au marché de l'emploi par des pratiques qui ne disent par leur nom continuera de miner le climat social, de peser sur notre économie et d'hypothéquer le futur de nos enfants.
Au bout du compte, même si les néoquébécois possèdent certainement des devoirs envers leur société d'accueil (comme n'importe quel citoyen envers son pays de naissance) ça sera la réaction de la majorité canadienne-française -les Québécois dits de souche- qui déterminera l'avenir de la société québécoise par son attitude face à l'Autre, et non l'inverse.
La peur engendre des réactions qui se répercutent sur la vie de tous et fini même par atteindre ceux que l'on cherche à protéger.
Karim Boujrada, enfant métis et fier Québécois.
