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La religion et les accommodemants raisonnables

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Gilles Laterrière (latgil@sympatico.ca)
Envoyé Le samedi 15 septembre 2007 18:00



En 1984, j'ai perdu mes illusions quant à la laicisation du Québec. Je croyais que nous avions vraiment confiné la religion à la sphère privée et que, sans rechercher activement à détruire toute trace du passé religieux toujours présent, ces signes et ses pratiques tomberaient dans la désuétitude tranquille.
Mais survint la visite de Jean Paul, pape de son métier. Je fus abasourdi de l'ampleur que prit soudainement cet événement politique au Québec...car tout est politique, n'est ce pas! La foule présente dans la rue qui était particulièrement en liesse était très dense, ce jour là quand Jean Paul célébra un office sur le terrain de l'université Laval. Jusque là, j'avais dans le passé assisté à de nombreuses manifestations politiques, syndicales, culturelles ou sportives tenues en plein air à Québec mais jamais je n'ai assisté à pareil spectacle où l'enthousiasme était aussi palpable. La foule était clairement et majoritairement composée de personnes qui ne fréquentent jamais la rue pour des événements de quelque type que ce soit. Sans doute ce monde ordinaire qui, habituellement ne parle pas, ne manifeste pas, ne conteste rien ou n'approuve rien de ce que la société québécoise décide, tempête, se déchire ou célèbre mais ce monde ordinaire qui ne pense pas moins.
On dit qu'il est plus facile pour quelqu'un de sortir de la campagne que de sortir la campagne de quelqu'un.! Néanmoins, la surprise passée, j'ai estimé alors, et je le pense toujours, que la laïcisation tranquille que le Québec a entrepris était la chose à faire et que le zèle de certains à imposer la laïcité forcée dans la sphère publique est une erreur. L'État doit respecter la tradition religieuse des Québécois et, ce faisant, cela ne constitue pas une mesure discriminatoire pour les autres religions. En respectant les signes religieux traditionnels aussi longtemps que cela sera nécessaire pour consoler les gens de l'époque de l'Église Catholique triomphante de l'époque ancienne, il faudrait fendre les cheveux en quatre pour accuser l'État de prosélitisme en faveur de la religiom catholique. Les zélotes laïcistes pensent-t-ils vraiment que la présence du crucifix à l'Assemblée Nationale constitue un avantage indu sur le marché de la conversion des âmes ?

Gilles Laterrière

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