Québec débloque 11 millions pour mieux manger à l'école

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Clairandrée Cauchy
Édition du samedi 15 et du dimanche 16 septembre 2007

Mots clés : Jean Charest, malbouffe, École, Alimentation, Québec (province)

Le premier ministre Jean Charest a dévoilé la politique-cadre de son gouvernement pour améliorer la nourriture offerte à l'école.

Photo: Jacques Grenier

Les élèves pourront dire adieu aux frites, à la panure, aux barres de chocolat et aux boissons gazeuses à la cafétéria et dans les machines distributrices à partir de janvier prochain. C'est ce que prévoit la politique-cadre dévoilée hier par Québec pour faire prendre un «virage santé à l'école».

«On va s'attaquer ainsi au problème d'embonpoint, qui s'est aggravé de façon considérable, au point où l'Organisation mondiale de la santé parle maintenant d'épidémie», a soutenu le premier ministre Jean Charest.

Concrètement, Québec débloque 11 millions, dont 6,5 serviront à la modernisation des cuisines des cafétérias, 1,5 pour des projets-pilotes afin de développer les politiques locales des commissions scolaires et trois iront au réaménagement des cours d'école pour que les jeunes y fassent davantage d'activité physique.

«Dans les cafétérias, particulièrement dans les écoles secondaires, il faut modifier les cuisines, il faut sortir les friteuses, entrer des fours à convection, augmenter le nombre de bars à salade», illustre Michelle Courchesne, ministre de l'Éducation.

Il n'y a cependant pas de fonds voués spécifiquement à la formation du personnel des cafétérias, ni de sommes prévues pour atténuer les coûts supplémentaires que pourraient engendrer la confection de menus santé. À ce sujet, le premier ministre affirme qu'il est faux de penser qu'une cuisine santé coûte nécessairement plus cher, citant en exemple une école du Lac-Saint-Jean ayant pris ce virage tout en augmentant la marge de profit du service alimentaire.

Notons qu'environ 70 % des commissions scolaires se sont déjà dotées de politiques locales sur l'alimentation à l'école, qui pourront néanmoins être bonifiées, précise-t-on au ministère de l'Éducation. La politique lancée hier par Québec n'a cependant pas force de loi et s'appuie sur la collaboration du milieu scolaire.

Les parents sont également invités à jouer un rôle de premier plan, puisque 80 % des jeunes avalent le contenu de leur boîte à lunch le midi. «Même s'il y a une saine alimentation à l'école, si à la fin de la journée le jeune a la permission de se nourrir de tout et de rien, cela va être long et difficile, particulièrement pour les adolescents, de changer les habitudes de vie», fait valoir Mme Courchesne. Elle est convaincue qu'une meilleure alimentation aura un effet bénéfique sur la réussite scolaire.



Monde municipal

Les intervenants du milieu scolaire soulignent cependant que cette belle politique aura des effets assez limités si on n'intervient pas en parallèle dans le milieu municipal. «S'il y a plein de nouveaux restaurants autour de l'école et qu'on continue d'avoir de la nourriture peu nutritive dans les arénas, on va pédaler à reculons», estime le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron. C'est aussi l'avis de sa collègue qui préside la Commission scolaire de Montréal, Diane de Courcy. Elle demande aux municipalités de modifier les zonages pour empêcher l'ouverture de nouveaux restaurants près des écoles, ceux déjà implantés ayant des droits acquis.

«La balle est dans le camp des municipalités», a déclaré le premier ministre Jean Charest, invitant le monde municipal à réfléchir à la question.

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, s'est empressé de retourner la balle du côté de Québec. Il juge trop risquée juridiquement l'adoption de telles modifications de zonage et souhaite plutôt demander à Québec de légiférer «pour faire disparaître les gras trans de toute forme de restauration».


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