Élections partielles - Les renforts viennent de partout

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Alec Castonguay
Édition du samedi 15 et du dimanche 16 septembre 2007

Mots clés : Outremont, Élections partielles, Parti politique, Parti politique, Canada (Pays), Québec (province)

Le Parti conservateur a même embauché une firme privée pour solliciter l'appui des électeurs

Le néo-démocrate Thomas Mulcair et son chef, Jack Layton.

Photo: Le Devoir

La course électorale extrêmement serrée qui agite les circonscriptions d'Outremont et de Roberval-Lac-Saint-Jean force les partis politiques à sortir l'artillerie lourde et à demander des renforts de l'extérieur. Le Parti conservateur a même embauché un centre d'appels privé basé à Gatineau pour solliciter des appuis.

Aux grands maux les grands remèdes. Aux prises avec une faible machine politique au Québec, le Parti conservateur a décidé d'utiliser ses énormes ressources financières pour donner un coup de main à ses candidats dans les trois élections partielles qui auront lieu lundi. Selon les informations obtenues par Le Devoir, la sollicitation de vote et l'identification (pointage) des sympathisants du PC sont en partie effectuées par une firme privée de Toronto, Responsive Marketing Group, qui a depuis peu une antenne à Gatineau. La firme, qui fait en temps normal de la sollicitation pour le financement du parti, a commencé son travail dès le début de la campagne, en août.

Ryan Sparrow, un des porte-parole du Parti conservateur à Ottawa, a confirmé que la formation politique utilise les services d'une entreprise privée, sans toutefois aller plus loin. «On ne discute pas de nos contrats avec des compagnies privées et on ne discute pas de nos stratégies électorales», dit-il. Une source conservatrice a toutefois souligné que cette stratégie permettait de «joindre le plus de gens possible rapidement». «On fait plusieurs choses pour aider nos candidats dans les élections partielles. Nos bénévoles font des appels localement, alors que d'autres sont faits ailleurs au Québec», a soutenu cette source.

Le Parti conservateur, qui a maille à partir avec Élections Canada dans une affaire de remboursement électoral (le scrutin de 2006), précise que les dépenses occasionnées par l'embauche d'une firme privée respecteront le plafond imposé par Élections Canada pour les trois élections partielles en cours. En effet, les partis politiques ont le droit de dépenser un maximum de 171 997 $ pour appuyer leurs candidats.

Céline Houde, la candidate bloquiste dans Roberval-Lac-Saint-Jean, affirme avoir été contactée deux fois par ce centre d'appels qui obtient les numéros de téléphone dans une base de données. «L'homme au bout du fil m'a demandé ce que je pensais de Céline Houde! Il voulait que je me donne une note sur 10. Visiblement, le téléphoniste ne savait pas à qui il parlait. Je pensais que c'était une farce, surtout qu'il avait un accent prononcé et un mauvais français, ce qui est étrange dans une région comme le Lac-Saint-Jean», a expliqué au Devoir la candidate du Bloc.

Denis Lebel, le candidat conservateur et maire de Roberval, se défend d'avoir besoin d'une firme privée pour l'aider à remporter l'élection de lundi, même s'il avoue avoir entendu des citoyens parler de ces coups de téléphone. «Ce n'est pas moi qui dirige le Parti conservateur à Ottawa, a-t-il dit au Devoir cette semaine. Je fais un travail de terrain avec des bénévoles d'ici. Le parti fait son travail là-bas et je ne veux pas savoir le pointage qu'ils obtiennent. Je travaille du matin au soir et les échos que j'ai, c'est qu'il faut que je continue de travailler fort.» Denis Lebel, bien connu dans la région, affirme avoir à sa disposition 500 bénévoles prêts à servir lundi pour «faire sortir le vote», comme le veut l'expression politique consacrée.

Des renforts massifs

Le taux de participation risque d'osciller entre 28 et 38 % lundi, comme c'est souvent le cas lors des élections complémentaires, ce qui force les formations politiques à déployer de grands moyens pour inciter les électeurs à se déplacer. Chauffeurs, gardiennes d'enfants, téléphonistes, analystes... tous les partis tenteront de mobiliser leurs bénévoles pour faire la différence. À ce titre, le Bloc québécois a l'avantage dans Roberval-Lac-Saint-Jean et Saint-Hyacinthe-Bagot, alors que le Parti libéral du Canada détient une longueur d'avance dans Outremont. Mais une bonne machine politique n'est pas garante de tout...

Le Bloc québécois, menacé par le Parti conservateur dans son bastion souverainiste du Lac-Saint-Jean, met toute la gomme pour faire élire sa candidate Céline Houde. Des renforts viendront du PQ et des comtés voisins lundi. Des organisateurs et stratèges du parti normalement basés à Montréal et Ottawa sont à pied d'oeuvre depuis plusieurs jours dans la circonscription. Pierre-Paul Roy, le conseiller de Gilles Duceppe, ainsi que Martin Carpentier, l'organisateur en chef, étaient notamment sur les lieux lors du passage du Devoir au Lac-Saint-Jean cette semaine.

Dans le château fort libéral d'Outremont, à Montréal, c'est le PLC qui lutte pour sa survie. La course est extrêmement serrée entre le libéral Jocelyn Coulon et le néo-démocrate Thomas Mulcair. Dans un courriel envoyé cette semaine à des militants de la région d'Ottawa, la Montréalaise Denis Brunsdon, vice-présidente des Jeunes libéraux du Canada, a demandé de l'aide. «L'élection partielle dans Outremont qui aura lieu lundi prochain sera une bagarre difficile et nous avons besoin du plus de bénévoles possible en provenance d'Ottawa», écrit-elle dans cette note obtenue par The Globe and Mail.

Irène Marcheterre, la porte-parole du candidat Jocelyn Coulon, convient que l'organisation aura du renfort de l'extérieur de la circonscription. «Ce n'est pas à cause d'un sentiment d'urgence, précise-t-elle. C'est la tradition lors des élections partielles d'avoir de l'aide, tous les partis font ça. Plus on est de monde, mieux c'est. On s'est assuré d'avoir une très bonne équipe pour lundi.»

De son côté, l'équipe de Thomas Mulcair est en voie de mobiliser tous les bénévoles néo-démocrates disponibles dans la région de Montréal, selon une source du NPD présente dans la circonscription. «On devrait avoir pas loin de 500 personnes avec nous. Des députés d'ailleurs au pays et des présidents d'association de la région seront aussi présents.»


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Bernard Lord dans la mêlée aux élections partielles au Québec - par Marcel Arseneau (maja@nbnet.nb.ca)
Le samedi 15 septembre 2007 14:00

Commandites versions P.C. - par Paul Verreault
Le samedi 15 septembre 2007 09:00

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