Un festin dans le potager

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Jean-Claude Vigor
Édition du samedi 15 et du dimanche 16 septembre 2007

Mots clés : recettes, jardins, Flore, Alimentation, Québec (province)

Le magnifique jardin potager d'Odile Dumais.

Photo: Jean-Claude Vigor

Un jardinier qui ne se plaint pas, ce n'est pas un jardinier! «Encore un printemps de froidure avec un gel tardif!» «La chaleur s'est fait attendre!» «Les transplantations ont été retardées!» «Oui, il a plu, mais cette fin de saison est trop sèche!» «Je n'ai jamais vu autant de bibittes!» Bref, le jardinier trouvera mille raisons pour se justifier de ses insuccès.

Dans l'ensemble, les potagers sont magnifiques en ce moment et regorgent de beaux fruits: tomates, concombres, aubergines, piments, poivrons, cerises de terre, etc. Dans mon jardin, il y a longtemps que j'ai récolté de si beaux persils tubéreux et des mini-kiwis aussi appétissants. Chacun ses forces!

À l'heure actuelle, comme à tous les ans, la maladie du blanc, l'oïdium, affecte les plantes de la famille des cucurbitacées: concombres, melons, citrouilles, courges. On trouve aussi ce champignon sur les fleurs du jardin: pivoines, phlox, monardes, asters, etc., et même sur certains arbustes et grimpants. Bref, on ne peut que limiter les dégâts. La croissance des végétaux touchés est réduite et leur floraison est abrégée. Généralement, cela n'entraîne pas la mort des plantes. Favorisez une bonne aération et éliminez les feuilles les plus atteintes en les brûlant. Le meilleur remède consiste encore à acheter des variétés et des cultivars plus résistants à cette maladie. Informez-vous dans les centres de jardinage.

Pendant la saison, je vous ai donné quelques recettes préventives à base de lait écrémé, de bicarbonate de soude, de permanganate de potassium, d'urée, d'eau de Javel, de soufre, etc. Chez les libraires et dans les jardineries, vous trouverez, dans la collection «Je jardine» des Éditions Pratico-Pratique, l'ouvrage intitulé Solutions miracles - Des trucs éprouvés pour un jardin en santé. À 9,95 $ l'exemplaire, ça vaut la peine.

Pour des renseignements plus détaillés afin de lutter contre l'oïdium: www.fr.wikipedia.org/wiki/oïdium. Vous y trouverez des mesures préventives et curatives.

Autre chose à faire au jardin potager: le blanchiment des céleris, des poireaux et des chicorées. Le blanchiment consiste à priver de lumière certaines parties d'une plante afin de la décolorer par l'absence de chlorophylle. L'objectif visé? Un feuillage plus doux, moins amer et plus tendre.

S'il est facile de butter les poireaux, voire les céleris, c'est moins évident dans le cas des chicorées frisées et des scaroles. Que faire? Il suffit de déposer un grand pot de terre cuite sur le centre du feuillage. Si le pot est trop petit, une assiette déposée à l'envers et couverte d'une pierre conviendra.

Pour ce qui est du cardon et du céleri-branche, entourez-les de quelques feuilles de papier journal (voilà une autre utilisation éventuelle pour ce Devoir) et rehaussez leur base d'un petit monticule de terre afin de leur assurer une certaine fraîcheur.

Le jardinage, c'est l'art de perdre son temps... mais quel grand art!

Vous aimeriez que je traite d'un sujet en particulier? Vous désirez que je réponde à votre question? Vous acceptez que le jardinier prenne son temps? Écrivez-moi

jeanclaudevigor@videotron.ca

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Piment d'Espelette ou piment Gorria?

Petits malins qui, comme moi, avez mis la main sur des semences de piments d'Espelette et en avez fait la culture dans votre jardin, sachez que nous n'avons pas le droit d'utiliser cette appellation... et c'est tant mieux! Rendons à César ce qui appartient à César et laissons donc aux Ezpeletars cette appellation d'origine contrôlée (AOC) pour leur piment d'Espelette (ezpeletako biperra), qu'ils ont bien méritée grâce à leur travail collectif de longue haleine.

Une centaine de producteurs qui cultivent plus d'un million de plants de ce piment dans la région d'Espelette, celle-ci comprenant une dizaine de communes qui se conforment au cahier des charges en vigueur, ont donc le droit d'utiliser cette AOC dite d'Espelette (Espelette se trouve dans le département des Pyrénées atlantiques, en France). Bien sûr, si vous êtes de Rawdon, vous pouvez nommer vos piments «piments de Rawdon»... Mais il existe une solution plus simple: en effet, cette variété se nomme Gorria («rouge» en basque). Vous avez alors sous la main une récolte de piments Gorria.

Dans quelques semaines, le dernier week-end d'octobre, à l'ombre du château d'Ezpeleta, aura lieu la grande fête du piment. Le nom du château, dont l'étymologie nous indique qu'il signifie «lieu planté de buis», tire son nom d'une famille noble de Navarre où le buis abonde. Les barons d'Ezpeleta y firent bâtir un château vers l'an 1000. La baronne Juliana Henríquez mourut sans descendance en 1694 et légua le château aux habitants d'Espelette.

Le piment d'Espelette est le fruit du Capsicum annuum de la variété Gorria. Cette variété locale présente une certaine hétérogénéité génétique. De croissance déterminée et à port buissonnant, le plant peut atteindre plus d'un mètre de hauteur. Chaque plant produit de 15 à 20 piments, soit de 500 à 700 grammes de fruits. N'espérez pas avoir un tel rendement dans votre jardin: notre saison de culture est trop courte. J'ai dû me contenter de beaucoup moins!

La croissance optimale du piment se situe entre 20 ° et 30 °C en température diurne et entre 15 et 20 °C en température nocturne. Au dessous de 10 °C, la végétation s'arrête. Cette plante ne supporte pas le gel. Les exigences en lumière (plein soleil) et en eau sont élevées. Le plant se développe bien dans un sol légèrement acide, riche en humus, très bien drainé et aéré, car il est particulièrement sensible à l'asphyxie racinaire (Phytophtora capsici, le champignon responsable du brunissement du collet).

En effet, si le développement de la plante nécessite beaucoup d'eau, une humidité excessive et prolongée du sol favorise le développement de maladies et peut entraîner la mort de la plante. La coloration rouge est assez rapide, si, bien sûr, le soleil et la chaleur sont au rendez-vous, contrairement à bien des variétés de poivrons qui restent longtemps verts avant de prendre leur couleur (jaune, rouge, violet, voire noir).

Ce qui différencie le piment d'Espelette des autres piments, c'est l'expression des parfums évoquant la tomate, le pain grillé ou encore le foin séché, le tout associé à un piquant chaud sans agressivité qui sait si bien mettre en valeur les saveurs des mets qu'il accompagne. Il se situe à 4 sur l'échelle de Scoville*, qui comprend dix degrés (dix étant explosif). On peut le qualifier de piment doux mais chaud.

* www.fr.wikipedia.org/wiki/Échelle_de_Scoville.

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Bonsaïs et penjings au Jardin botanique

Les membres de la Société de bonsaï et de penjing de Montréal (SBPM) vous invitent à découvrir leur exposition annuelle dans l'ambiance chaleureuse et conviviale de la Maison de l'arbre du Jardin botanique de Montréal les 14, 15 et 16 septembre de 9h à 18h.

Cette année, la SBPM recevra un invité spécial, le grand maître japonais Susumu Nakamura. Venez le rencontrer, assister à ses présentations (conférences, ateliers, consultations, analyse et critique) et profiter de ses conseils.

Pour tout renseignement supplémentaire, visitez le site Internet www.bonsaimontreal.com ou appelez le tél: 514 872-1782.

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La semaine du jardinier

- Samedi 15 septembre, Saint-Roland. Ah! le jardinier et ses légendes... Si vous apercevez cette chenille très courante que les anglophones nomment Woolly Bear, la chenille météo, examinez son pelage. Ses extrémités sont noires et sa partie centrale brun orangé. Certains prétendent qu'avant les premières gelées, plus la partie centrale de cette chenille est grande, plus l'hiver sera doux. Elle mange vos pissenlits, vos plantains et votre trèfle. Une chenille désherbante, hmm! Vous pouvez la voir sur Google Image ou dans l'incontournable revue Quatre-Temps des Amis du Jardin botanique de Montréal (un texte de Sylvie Tousignant). Son nom: Pyrrharctia isabella.

- Dimanche 16 septembre, Sainte-Édith. Toujours dans la revue Quatre-Temps (6,95 $), un texte de Christine Perreault sur les façons d'éloigner les mammifères du potager. Ouste! Pour les enfants, il y a le texte de Bruno Lamolet et les dessins de Monique Dumas Quesnel: «Le mystère des raisins sans pépins»...

- Lundi 17 septembre, Saint-Renaud et Saint-Lambert. «Je suis envahi par les coccinelles asiatiques!» Introduite aux États-Unis, elles sont arrivées au Québec en 1994. Mais voilà, ces petites frileuses se plaisent à entrer dans les habitations. Elles recherchent un abri sec et sombre où passer l'hiver, puis elles se réveillent aux premières journées chaudes du printemps et retournent à l'extérieur pour s'accoupler et se nourrir. Avez-vous remarqué leur odeur? Elles marquent leur territoire avec une odeur bien particulière qui attire les autres coccinelles asiatiques. Voilà pourquoi elles reviennent chaque année. De plus, elles expulsent un liquide orangé nauséabond lorsqu'elles se sentent menacées. Alors, il ne faut pas les écraser mais les aspirer... Vous comprenez maintenant pourquoi les vieux aspirateurs Electrolux font fureur dans les ventes de garage!

- Mardi 18 septembre, Sainte-Nadège. Cette vivace facile, le Lysimachia atropurpurea «Beaujolais», aime les endroits frais et humides. Comme le nom du cultivar l'indique, ses épis sont rouge vin et le feuillage glauque. C'est une vivace rustique en Z 5. Mélangée avec les variétés à fleurs jaunes, elle crée un joli contraste. Disponible aux Vivaces du Merle Bleu, www.vivacesmerlebleu.com.

- Mercredi 19 septembre, Sainte-Émilie et Saint-Janvier. Alors que les jardinier européens la connaissent bien, nous étions jusqu'à maintenant préservés de la teigne du poireau... Mais la voilà! Lorsque l'extrémité des feuilles de vos poireaux commence à jaunir, c'est peut-être son oeuvre. Coupez les feuilles et écrasez les larves dans les galeries. Si, par chance, il vous reste quelques feuilles de rhubarbe, laissez-en macérer 500 grammes dans trois litres d'eau pendant 24 heures. Filtrez puis pulvérisez sur les poireaux. Évidemment, attendez quelque temps avant de manger vos poireaux!

- Jeudi 20 septembre, Saint-Davy et Saint-Eustache. Cette semaine, j'admirais le vol incessant de libellules qui attrapaient de petits moucherons au vol. Pour attirer durablement les libellules dans votre jardin, rien de plus simple: aménagez une petite pièce d'eau.

- Vendredi 21 septembre, Saint-Mathieu. Plusieurs types de fissures et de craquelures peuvent apparaître sur les tomates. Les petites crevasses concentriques partant de la base du fruit apparaissent lorsqu'une période pluvieuse (trop d'eau) succède à une période de sécheresse. Rien de grave: mangez les fruits rapidement. Pour éviter ce problème, le pied de tomate doit être paillé (idéalement avec de la paille) afin de maintenir un taux d'humidité constant dans le sol.

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Le livre de la semaine

La gastronomie en plein air

Odile Dumais

Éditions Québec Amérique, collection «Géo Pleinair»

1999 (réimpression en juillet 2007), 234 pages

(Photo de la page couverture sera envoyée par l'éditeur.)

Randonneurs, campeurs et amoureux de plein air, il vous faut ce livre si vous ne l'avez pas déjà. Bien manger pour bien marcher, grimper, pagayer ou pédaler: voilà le leitmotiv d'Odile Dumais. Ouvrage de référence unique, ce guide complet saura plaire aux simples amateurs et aux mordus d'activités de plein air qui aiment bien manger. Du simple pique-nique d'un jour à l'excursion de longue durée, tous pourront apprendre comment mieux planifier des menus, les meilleurs choix d'aliments en plein air, les trucs de transport, les plus récentes méthodes de conservation...

Plus d'une quarantaine de recettes inédites, simples et savoureuses, leur mode de préparation, leur valeur nutritive et autant de souvenirs de voyage racontés par l'auteure!


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