Commission Bouchard-Taylor - L'Abitibi s'accommode bien de ses quelques immigrants
Mots clés : Commission Bouchard-Taylor, Immigration, Québec (province)
Cinq témoins seulement se pointent ce matin aux audiences de la commission Bouchard-Taylor à Rouyn-Noranda. Cinq, dont deux déposeront un mémoire. La séance commencera à 9h et se terminera une heure plus tard, sans pause...
«Nous avouons que la question des accommodements raisonnables ou des ajustements concertés ne figurait pas au centre des préoccupations des gens d'ici avant que le problème n'apparaisse dans le paysage politique au moment de la dernière campagne électorale», dit en conclusion Johanne Jean, rectrice de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), dans son mémoire dont Le Devoir a obtenu copie.
La rectrice y rappelle que sa région a été développée par des vagues successives d'immigration. Les Anishnabes occupent le territoire depuis 6000 ans et les Canadiens depuis un siècle seulement, et «sans grand respect», précise-t-elle, précisant que cette question est évacuée des préoccupations de la commission. Des Européens ont ensuite convergé vers les mines de la région entre 1925 et 1945. À une époque, Rouyn-Noranda et Val-d'Or comptaient des églises orthodoxes russes, ukrainiennes, anglicanes, presbytériennes, unies, baptistes et bien sûr catholiques, ainsi qu'une synagogue chacune. La dernière vague d'immigration, plus récente, est essentiellement composée d'étudiants.
L'UQAT accueille 2500 étudiants à temps complet et à temps partiel, dont environ 130 étudiants d'origine étrangère. L'admission des étrangers se fait au rythme annuel de 25 à 45 personnes provenant surtout de la Chine et du Maroc. Les Asiatiques suivent le programme de création en multimédia interactif; les Maghrébins sont attirés par le baccalauréat en génie électromécanique. «On peut [...] imaginer que ce faible nombre facilite une meilleure intégration des immigrants», affirme franchement le mémoire, qui souligne aussi la chance de pouvoir absorber les vaguelettes tout doucement et sans heurt.
Les structures d'accueil reflètent ces faibles besoins. Monique Fay, conseillère en services aux étudiants, s'occupe aussi de recevoir les jeunes étrangers. Elle les aide à se loger, puis leur fournit une formation du genre Abitibi ou Québec 101. «Je leur explique où faire l'épicerie et comment se vêtir en hiver, je les renseigne sur l'hygiène corporelle ou les relations hommes-femmes au Québec», dit Mme Fay au Devoir. Son expérience lui a fait comprendre que les problèmes liés au déracinement (solitude, inquiétude, dépaysement, etc.) s'amenuisent grandement au bout d'un seul semestre. «La personnalité de chacun joue aussi», ajoute-t-elle.
La rectrice Johanne Jean souligne dans son mémoire quelques dérives en odeur de xénophobie «depuis l'an 2001». Elle annonce la formation prochaine de forums pour contrer les préjugés. Elle recommande aussi au gouvernement d'envisager la décentralisation des services aux immigrants dans sa région pour les établir dans les cinq MRC de ce vaste territoire peu peuplé. Pour le reste, tout semble aller pour le mieux dans le moins mauvais des mondes... Les temps ne sont pas si durs.
Vos réactions
Baliser et/ou banaliser. - par Gerry Pagé
Le vendredi 14 septembre 2007 10:00
Un peu de respect pour MM. Bouchard et Taylor - par Guillaume Majeau-Bettez (joie.bill@gmail.com)
Le vendredi 14 septembre 2007 02:00
Bouchars et Taylor s'accomodent bien de ce qui fait leurs affaires - par Martel Jean-Pierre (shawi.2.que@hotmail.com)
Le jeudi 13 septembre 2007 11:00

