Vos réactions
De l'ignorance,de l'intolérence, de la confusion
De l'ignorance quant à l'Islam et aux cultures des pays qui le pratique (puisqu'ils sont loin d'être tous pareil, pas plus que la Pologne ne ressemble aux États-Unis). Certes, le port du burqa était obligatoire en Afghanistan sous le régime Taliban. Cela ne veut pas dire que l'Islam le veut ainsi, au contraire, le Koran incite les femmes à se couvrir VOLONTAIREMENT pour ainsi se faire apprécier pour leur intelligence et leur esprit plutôt que pour leur beauté physique. Que certains fondamentalistes l'interprètent comme une obligation ne fait pas de toutes les musulmanes des femmes soumises, même celles qui portent le voile. L'Église catholique a elle aussi utilisée des passages de la Bible à tort: les femmes furent jadis considérées comme inférieures parce que Ève avait forcé Adam à manger la pomme. Il y a aussi de très grandes différences entre les pays à majorité musulmane quant aux roles des sexes. Si les Talibans étaient très restrictifs envers les femmes, l'Algérie connaît l'égalité des sexes et un État complètement laïc!
De l'intolérence quant aux moeurs et pratiques des nouveaux arrivants. Au Québec, la religion est individuelle. L'État est certainement laïc, mais le port de symbols religieux n'est pas interdit, même lors d'exercices de nature publique comme le vote. Je grince les dents chaque fois que la laïcité est évoquée face aux pratiques musulmanes, puisqu'on ne dit rien d'un Chrétien qui porte un crucifix autour du cou lorsqu'il se présente au bureau de vote. Cet argument relève d'un racisme encouragé et nourri par les politiciens de droite, plutôt que d'un réel soucis de la séparation de l'Église et de l'État.
De la confusion entre les dossiers d'actualité et entre les compétences de nos institutions politiques. J'ai lu des commentaires concernant les accomodements raisonnables: il n'en est point du tout question dans cette affaire! Il n'y a eu ni accomodement, ni interprétation, raisonnable ou pas, favorisant une minorité quelconque. Nous avons un DGEC qui applique la loi telle que votée par les parlementaires et indiquée noir sur blanc dans les tables de lois. Et qu'il utilise le mot « éligibilité » au lieu « d'admissibilité » ne fait absolument aucune différence quant à la lecture du texte: les électeurs ADMISSIBLES ont bel et bien le droit de présenter des documents sans photo ou de prêter serment sans aucune documentation. L'argument de l'identification est donc nul.
Toute cette affaire est, comme l'a si bien dit M. Archambault, une tempête dans un verre d'eau. Je n'ai en effet jamais auparavant entendu tant de gens critiquer quelqu'un pour avoir simplement appliqué la loi! Lorsqu'on demande au DGEC d'agir dans « l'esprit de la loi », ce n'est pas lui qui fait de l'interprétation, mais bien Stephen Harper et tous ceux qui sont d'accord avec lui!
Point que je tiens à souligner, puisque les gens qui écrivent ces commentaires semblent si enclins à attribuer des étiquettes: je ne suis ni musulman, ni immigrant, ni en faveur des accomodements raisonnables (dont il n'est point ici question). Je suis un Québécois, francophone, indépendentiste et je favorise l'intégration des nouveaux arrivants. Je suis simplement découragé de voir que les gens soient incapables de distinguer entre le soucis de l'intégration et le racisme pur et simple.
Si vous avez des commentaires à mon égard, je vous invite à m'écrire à l'adresse affichée. Ce débat a largement dépassé la barre du ridicule et nous avons besoin d'une arène de discussion plus appropriée que les commentaires du site web d'un quotidien. J'invite tout commentaire, toute opinion, toute idée.
