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Contre la Charte canadienne, ces minorités contre des minorités

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Mastaki Bayange (buinja@yahoo.com)
Envoyé Le mardi 11 septembre 2007 14:00



En ces jours, la discussion tourne autour du vote des femmes vêtues d'un certain type du voile musulman. Hier, c'était les jeunes demoiselles portant un autre type de voile au sport (un qui pourrait être toléré pour le vote!); avant-hier c'était le vote ethnique... tout ceci sous le grand débat sur les accommodements raisonnables. Tout ceci se passe au Québec, la belle province habitée par la nation distincte.

Ce qui sort de l'ordinaire est de voir certains groupes de femmes, elles-mêmes minoritaires instrumentalisées par certains média pour désapprouver la décision de l'administrateur des élections au Canada.

Les journalistes qui jouent à ce jeu quelque peu incompatible avec leur vrai rôle d'informer devraient eux-mêmes chercher à s'informer sur la Charte canadienne avant d'embarquer dans des débats de bas niveau. La Charte canadienne a une portée visionnaire qui consiste à faire évoluer les mentalités; même la mentalité d'un premier ministre ou d'un leader politique de haut rang.

La Charte protège avant tout les droits individuels. Elle est profondément guidée par le principe d'équité qui veut qu'on ne tolère que le droit d'une seule personne soit bafoué. Ce principe n'est pas absolu. Il est nuancé par l'article premier de la Charte qui veut que les droits et libertés y énoncés ne puissent « être restreints que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d'une société libre et démocratique. » Il n'est pas dit, j'insiste, que les principes y énoncés serons nuancés par des déclarations peu responsables d'un leader quelconque...

Bref, en quoi le vote d'une personne, femme ou homme unique au Canada soit-il/elle, peut-il déranger le processus électoral? C'est de cette même façon que le fanatisme des uns a empêché à ce que l'Ontario introduise une partie du droit musulman relative à la protection de la famille dans son système. Pourtant la pratique va continuer, seulement sans encadrement ni reconnaissance (d'où l'impossibilité de lui apporter certaines améliorations). N'est-ce pas là la politique de l'autruche?

Mastaki Bayange (613) 729-6972

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