Au-delà du vote

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Jean-Robert Sansfaçon
Édition du mardi 11 septembre 2007

Mots clés : Élection Canada, femmes voilées, vote, Religion, Élection, Canada (Pays), Québec (province)

Les politiciens n'y échapperont pas: un jour ou l'autre, eux aussi devront débattre et décider de ce qui est acceptable ou non en matière de pratique religieuse dans la sphère publique.

Le directeur général des élections, M. Marc Mayrand, vient de faire savoir qu'il n'utilisera pas ses pouvoirs d'exception pour interdire le vote des femmes voilées. Selon lui, les députés et les partis politiques savaient, avant l'adoption de cette nouvelle loi, qu'il suffirait de présenter des pièces d'identité pour voter. S'ils avaient eu l'intention d'exiger davantage, ils pouvaient le faire.

En conséquence, le directeur des élections refuse de trancher dans un débat qui va bien au-delà du vote. Après tout, s'il est possible de voter par retour du courrier, sans autre preuve d'identité comme l'ont fait plus de 80 000 personnes lors des dernières élections générales, pourquoi faudrait-il montrer son visage quand on se présente en personne, demande le DGE?

Cette décision et les arguments qui l'accompagnent nous renvoient à la question bien plus large des pratiques religieuses fondamentalistes autant qu'exotiques dans une société de plus en plus laïque qui tient malgré tout aux symboles de ses propres origines chrétiennes. Dans le cas de femmes musulmanes, tout se passe sur le plan des perceptions, aiguisées depuis les attentats du 11 septembre 2001.

La démocratie s'exerce à visage découvert, ont clamé avec raison les opposants au vote des femmes voilées. Mais en suivant entre les lignes, on y lit plus qu'une remarque concernant le processus électoral. Il s'agit d'une expression de réprobation populaire envers une frange de nouveaux arrivants venus de régions du monde où la foi et la ferveur religieuse colorent et dictent le comportement des individus autant dans la sphère publique que privée. Des pays où le concept même d'individu libre que veulent protéger nos chartes n'existe pas.

Que des gens s'habillent différemment et conservent leurs pratiques religieuses en les adaptant à la réalité autochtone, cela se fait depuis des lustres au Canada, sans trop de heurts. Ce qui dérange aujourd'hui, jusqu'à troubler la quiétude d'une classe politique pourtant orgueilleuse de sa rectitude, c'est la montée de ce mouvement de protestation populaire devant les manifestations bien visibles de rejet du mode de vie occidental à l'intérieur de quelques poches restreintes de nouveaux arrivants conscients des droits que leur accorde la Constitution.

Si un directeur des élections peut décider d'interdire à une femme voilée de voter, comme l'a déjà fait le DGE du Québec, il ne pourra jamais forcer un couple à abandonner cette tradition machiste qui oblige les femmes à cacher leurs traits sous un niqab ou une burka. Et c'est précisément parce que la majorité des Canadiens et des Québécois tient à cette métamorphose individuelle défendue par la même charte qui protège la liberté religieuse que les politiciens ne peuvent plus laisser aux seuls fonctionnaires et aux tribunaux la responsabilité de trancher dans le vif.


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Ce qui est désolant, dans tout ça... - par Jean Desjardins (jean-desjardins@videotron.ca)
Le mardi 11 septembre 2007 17:00

Tirer sur le messager - par Jean Desjardins (jean-desjardins@videotron.ca)
Le mardi 11 septembre 2007 16:00

En fait, qui «monte le bourrichon» des Québécois ? - par Gerry Pagé
Le mardi 11 septembre 2007 16:00

Contre la Charte canadienne, ces minorités contre des minorités - par Mastaki Bayange (buinja@yahoo.com)
Le mardi 11 septembre 2007 14:00

La culpabilité par association - par Ken Ko
Le mardi 11 septembre 2007 14:00

Paranoia - par rabah hammachin
Le mardi 11 septembre 2007 11:00

Soumission plus facile que choix... - par Claire Landry
Le mardi 11 septembre 2007 09:00

Un vote voilé... - par Jean St-Jacques
Le mardi 11 septembre 2007 09:00

Faut-il s'en prendre aux femmes voilées? - par jacques noel
Le mardi 11 septembre 2007 08:00

Et la responsabilité sociale. par Benoît Gagnon - par Benoît Gagnon
Le mardi 11 septembre 2007 04:00

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