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La sacrifiée?
Il faut avoir travaillé dans le réseau universitaire au milieu des années 80, alors que les professeurs étaient tout puissants, pour comprendre ce qui se passe actuellement à l'UQAM et à l'UQ. À cette époque, les relations de travail de chaque constituante étaient coordonnées à partir du Siège social de l'UQ où le vice-président Michel Leclerc tenait le réseau à bout de bras parce qu'il fallait récupérer des avantages exorbitants concédés aux professeurs au fil du temps. Plusieurs se souviendront des professeurs qui utilisaient leurs cours en dégrèvements anticipés pour aller passer l'année en Californie sans tenir compte trois autres volets de leur tâche (recherche, administration, service à la collectivité). Il est clair que le réseau souhaite revenir à des négociations coordonnées comme à l'époque de Michel Leclerc et que la ministre soutient cette initiative du réseau.
L'offensive qui s'organise actuellement n'est pas contre l'UQAM mais bien contre les syndicats des professeurs du réseau universitaire. Dans cette perspective, l'UQAM est le terrain idéal pour ce genre de grandes manoeuvres. Ce qui est différent cette fois-ci par rapport aux années 80, c'est que d'autres syndicats ont avantage à voir les professeurs dépouillés de certains privilèges. Les professionnels et les personnels de soutien académique des universités ont prouvé qu'ils pouvaient administrer certains services à moindre coût, qu'ils n'ont pas besoin de professeurs libérés de leurs charges de cours pour ce faire. Les chargés de cours, quant à eux, en ont assez d'enseigner 4 charges de cours années pour 32,000$ ( 4 x 8,000$ ) alors que la moyenne des cours donnée par les professeurs est de 2 cours par année pour un revenu d'environ 100,000$ si on y ajoute le 25% d'avantages sociaux, que plusieurs d'entre eux ne font aucune véritable recherche et que certains utilisent les services à la collectivité pour justifier leur double emploi. Plusieurs professeurs sont également excédés par cette situation.
À mon avis, la ministre et le président du réseau de l'UQ veulent non seulement éviter que le cas de l'UQAM serve de précédent pour renflouer les dépenses excessives d'autres universités, mais en plus, tentent de profiter de la situation de faiblesse de l'UQAM et de ses dirigeants pour transformer l'UQAM en théâtre d'affrontements afin d'obliger les professeurs d'université à lâcher du lest. Là pourrait être l'explication!
Dans cette perspective, le choix de la prochaine personne qui dirigera les destinées de l'UQAM est hautement stratégique.
Louis Lapointe
Brossard
