Les dirigeants de l'APEC plaident pour un accord commercial à l'OMC
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Stephen Harper se réjouit de la Déclaration de Sydney sur les changements climatiques

Photo: Agence Reuters
Les négociations du cycle de Doha entre les 150 États mem-bres de l'OMC, qui ont repris la semaine dernière, achoppent sur la question des barrières commerciales dans les secteurs de l'agriculture et de l'industrie. Les leaders de l'APEC ont qualifié ces deux domaines de «secteurs prioritaires».
Le document souligne l'importance de l'APEC, dont les membres sont responsables de la moitié des échanges commerciaux dans le monde, dans l'établissement d'un système de commerce mondial.
Les dirigeants de l'APEC ont aussi dit vouloir continuer à examiner l'idée de créer une zone de libre-échange intégrant tous les membres de l'APEC.
La déclaration finale du sommet souligne également la volonté des dirigeants de l'APEC de démanteler les groupes terroristes et d'éliminer la menace posée par la prolifération des armes de destruction massive.
Environnement
Par ailleurs, dans sa déclaration finale, le premier ministre canadien, Stephen Harper, s'est réjoui de la Déclaration de Sydney conclue la veille qui, selon lui, «reflète l'approche du Canada sur les changements climatiques à bien des égards».
«La nécessité d'un protocole international avec des objectifs clairs est maintenant largement acceptée, a-t-il affirmé. Et nous avons déterminé que tous les principaux émetteurs mondiaux doivent faire leur part.»
L'entente ne comporte toutefois aucune cible pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et laisse une grande place à l'interprétation, en plus d'être non contraignante.
Le texte souligne particulièrement les efforts du Canada et du Japon, qui ont permis d'en arriver à une entente malgré les grandes différences qui règnent au sein de l'APEC. Un haut fonctionnaire canadien a déclaré samedi que même si le Canada et d'autres pays avaient fait de grands efforts, une entente sur des cibles de réduction de 50 % d'ici à 2050 était un objectif inaccessible pour le moment.
Le premier ministre australien John Howard, qui a annoncé l'entente après une réunion de trois heures des dirigeants, a soutenu que l'accord de l'APEC marquait une étape importante dans la lutte contre les changements climatiques. Il a précisé qu'il s'agit de la première fois que les États-Unis et la Chine endossent un plan à long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
M. Howard a indiqué que l'entente préparait la table pour de nouvelles négociations internationales sur les changements climatiques plus tard ce mois-ci à Washington et, en décembre, pendant une conférence de l'ONU à Bali, en Indonésie.
De manière générale, le compromis de Sydney propose de poser les bases d'un nouvel accord sur le climat censé remplacer le protocole de Kyoto, qui expirera en 2012.
Les pays de l'APEC s'y engagent à réduire «l'intensité énergétique» -- la quantité d'énergie nécessaire pour produire un point de croissance économique -- de 25 % d'ici 2030. Cette cible non contraignante ne se traduit pas par de réelles réductions des émissions de GES, mais pourrait ralentir le rythme de l'augmentation.
Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a par ailleurs soutenu que d'amener les plus importants émetteurs de GES à entamer un dialogue sur un plan de lutte contre les changements climatiques pour l'après-Kyoto était une réussite significative.
Réactions au Canada
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a qualifié la déclaration d'«inacceptable». «Ce que ça veut dire, c'est que ces pays viennent de dire non à Kyoto, et M. Harper est fier de ça», a-t-il affirmé hier en entrevue téléphonique à la Presse canadienne.
Samedi, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, avait dénoncé la Déclaration de Sydney parce qu'elle ne comportait pas de cibles pour une réduction absolue des émissions de gaz à effet de serre.
«C'est une déclaration désastreuse, parce qu'on parle de l'intensité des émissions de gaz, pas des niveaux absolus des émissions, alors cette déclaration va permettre aux pays d'augmenter leur émissions de façon importante, pas de vraiment les régler comme il faut», avait-il déclaré à la Presse Canadienne en entrevue téléphonique.
M. Harper s'est aussi dit très satisfait d'une rencontre d'une heure qu'il a eue hier matin avec les présidents du Mexique, Felipe Calderon, du Chili, Michelle Bachelet, et du Pérou, Alan Garcia, pour discuter des objectifs communs pour le continent.

