Georges Leroux dans les textes qu'il propose aux lecteurs du Devoir impressionne par son érudition, la sagesse et la profondeur de sa réflexion. Sans doute était-il justifié de faire appel à ses conseils avant de s'avancer dans la développement du programme Ethique, culture et religion. En effet comme le souligne Louis Cornellier "ce programme est plein de belles promesses". Et donc bien inspiré. La lecture des trois grandes compétences que propose ce programme: réfléchir sur des question éthiques, manifester un compréhension du phénomène religieux et pratiquer le dialogue sur les principes et les valeurs des religions de ce monde, a provoqué chez moi une première réaction. Celle de penser que le niveau de ces attentes est bien élevé. Trop élevé pour ce que je connais des limites de la réalité scolaire québécoise actuelle. Mais, pour éclairer un peu mieux ce jugement, j'ai voulu en savoir plus sur le contenu de ce programme, ses objectifs et ses règles d'application, Le site internet du Ministère offre en effet suffisamment d'information (Guide de lecture du programme, conférences sur les compétences visées, textes et vidéo, tables de discussion) pour nous éclairer sur ce modèle défendu par Georges Leroux et d'autres collaborateurs universitaires. Ceux qui comme moi pratiquent le doute et la critique au sujet du renouvellement des programmes (la réforme en cours) devraient visiter ce site. Ils verront que celui-ci s'inscrit dans la même perspective pédagogique: celle des compétences et la même philosophie qui est celle du socio-constructivisme. Ils verront que les penseurs de ce programme, bien qu'ils avancent des arguments solides pour défendre leur projet, donnent l'impression d'être complètement inconscients des enjeux (la réel de nos écoles) de cette entreprise.Bref, pour ceux qui doutent de la pertinence de la Réforme, cette lecture va certainement amplifier et justifier leur scepticisme. Claude Poulin Sillery