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Deux poids, deux mesures

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Richard Dupuis (le_numero_3@videotron.ca)
Envoyé Le dimanche 09 septembre 2007 12:00



Les pauvres "squeegees" veulent faire leur job en toute légalité? Eh bien soit! Ils n'ont alors qu'à déclarer leurs revenus, à payer taxes et impôts, et à se soumettre à tous les réglements et lois de nos chers gouvernements. C'est ce que doit faire tout le monde, du chef d'entreprise à l'employé au salaire minimum, en passant par le travailleur autonome. Ce serait certainement une belle façon de les intégrer, non?

Si des comptables fréquentent ce site, ils pourraient peut-être nous informer, tout en respectant le secret professionnel, bien entendu, du taux d'imposition de leur clientèle squeegee. Un coup parti, pourquoi Henri Massé ne va-t-il pas les rencontrer pour les syndiquer? Ils ont bien des droits, après tout, les squeegees, en plus qu'il faut bien les faire payer, ces ignobles pollueurs d'automobilistes. En fait, s'il y a tant de squeegees aux coins des rues, c'est certainement à cause des frais de scolarité trop élevés chez nous. Mieux encore; offrons-leur une formation reconnue par le Ministère de l'éducation, comme pour tous les autres métiers, afin qu'ils deviennent des squeegees diplômés. On pourrait aussi les subventionner pour l'achat de leurs "outils de travail", lesquels pourraient aussi comprendre les tatouages, les piercings et le gel à cheveux; il faut bien les aider à sauvegarder leur image.

Pendant ce temps, dans notre société où il est si difficile de faire son chemin, et de se trouver un emploi, il y a plein d'entreprises qui affichent, en grosses lettres, "Nous embauchons". Ces sales exploiteurs doivent sûrement faire cela pour piéger les honnêtes gens...

Je pourrais continuer longtemps dans cette veine, mais dans les faits, qu'en est-il? Offrir la légalité aux squeegees, c'est la même chose que de fournir les seringues aux junkies, ou encore de donner la combinaison du coffre-fort au voleurs de banques; c'est encourager ceux qui veulent vivre impunément au crochet d'une société qui leur fournit pourtant déjà tous les outils pour réussir. Encore faut-il que les jeunes, qu'ils soient squeegees, junkies ou membres de gangs de rue, aient en eux le DÉSIR de réussir. On recherche des solutions collectives à un problème individuel, c'est pour cela que ça ne fonctionne pas.

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