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« Je me souviens »<br />« Je me souviens »<br />Je me souviens...
Si les « nous », les « Québécois de souche », les Canadiens-français » etc etc acceptaient enfin de se souvenir de la totalité de leur histoire, ils verraient leur futur avec plus de sérénité. Après tout, ne sont-ils pas à la base d'un peuple qui a survécu à la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques, à l'abandon de leur mère patrie et au départ d'un grand nombre de nobles, de commerçants et de membres du haut-clergé à la suite du traité de Paris de 1763?
S'ils acceptaient de se souvenir que leur destin a basculé le 13 septembre 1759 lorsque le marquis de Montcalm a été défait sur les plaines d'Abraham par James Wolfe et qu'ils ont survécu jusqu'à aujourd'hui en conservant leur identité française.
Si les « nous », les « Québécois de souche », les Canadiens-français » etc etc acceptaient de se souvenir qu'ils ont construit leur pays avec les Anglais, les Écossais et les Irlandais qui se sont établis dans la « Province of Quebec » au lendemain de la Conquête, avec des Loyalistes qui ont immigré ici après l'Indépendance américaine, avec l'immigration massive des Britanniques et des Irlandais pendant le 19e siècle grâce au développement du commerce du bois et de la construction navale dans la région de Québec, avec la venue de nombreux immigrants de différents pays européens après la Première et la Deuxième Guerre mondiale, suivie d'immigrants de pays asiatiques, sud-américains, africains, du Moyen-Orient...
S'ils acceptaient que leur culture n'est pas uniquement française, mais plutôt une heureuse synthèse de traditions françaises, britanniques, irlandaises, italiennes, allemandes, juives... les « nous », les « Québécois de souche », les Canadiens-français » etc etc réaliseraient que leur culture est extrêmement riche des apports de ceux et celles qui se sont joints à notre société depuis 250 ans.
Un peuple qui se souvient de la totalité de son histoire - bientôt 400 ans - est confiant parce qu'il sait que son passé est garant de son avenir.
Nicole Dorion-Poussart, historienne
