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L'espace de tolérance: un espace citoyen
Il en faut bien peu pour que cet espace de tolérance soit un espace d'expression civique profitable à tous et toutes. La sécurité des personnes serait un des facteurs de création d'un tel espace et, comme me le rappelais un policier questionné sur la rédaction d'un constat d'infraction à un jeune «squeedge», la perception mutuelle, entre jeune et conducteur pose un problème de sensation de sécurité.
Ce discours policier indique que la sécurité est précisément le fait d'un environnement solidaire, égalitaire et rempli d'égards. Ainsi, pourrions-nous questionner et réagir à l'évolution du parc automobile, des comportements routiers qui normalisent la brutalité, sinon la militarisation de la ville?
Surtout, il importe qu'élus et urbanistes accentuent le caractère public de l'espace urbain, par un traitement qui dépasse l'équilibre entre support médiatique, agrément et reconnaissance culturelle. L'espace public est un espace citoyen réel, c'est-à-dire d'expression immédiate, spontanée ou organisée. Cela, en se rappelant que toute démocratie est d'abord une démocratie de production, de répartition étendue et large des moyens de «produire la richesse», de façon autodéterminée.
Ce serait d'ailleurs de cette qualité démocratique que naîtrait le malaise entourant le «squeedge», activité qui représente l'essence de notre système économique, mais entretenue par des jeunes qui en vivent et questionnent les limites.
Au lieu de punir, il semble donc plus convenable d'identifier les menaces réelles à la création d'un espace urbain solidaire et rempli d'égards, comme d'accueillir lucidement le questionnement posé à notre système économique. Il conviendrait alors de polariser l'autodétermination apparente des jeunes par des propositions culturelles mutuellement pertinentes, que les jeunes intègrent dans leur économie. Si c'est à cela que peuvent servir les «agents», bien, probablement.
