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Art et politique de gauche face au même mur
Comme en politique, l'artiste militant peut émerger dans un contexte où la population est majoritairement réfractaire à l'ordre établi, habituellement parce qu'elle est jeune ou dans la précarité.
En d'autres termes, un jeune René Lévesque ou un jeune Renaud ne trouveraient pas aujourd'hui l'écho qu'ils ont pu trouver en leur temps. On pourrait aujourd'hui les appeler Amir Khadir ou Tomas Jensen. Des jeunes qui ont le profil des deux autres mais dont les préoccupations ne trouvent aucun écho auprès de la majorité.
Médiatiquement, le relais n'est pas assuré, les journalistes et animateurs préférant privilégier l'art innofensif qui rallie l'auditoire autour d'entrevues consensuelles, voire complaisantes.
La militance artistique ne trouve malheureusement sa place que dans le cynisme, le pessimisme, l'underground... ou l'environnement. Grâce à Richard Desjardins et les Cowboys Fringants, on garde un lien bien mince avec une fibre militante mais romantique qui dort au creux de chacun.
Reste à savoir quand l'enjeu environnemental, dernier rassembleur dans une société où les intérêts sont disparates, saura créer le momentum nécessaire à une nouvelle forme d'art et créer un appui massif à l'art environnementalement engagé.
Malheureusement, il sera probablement trop tard.
Pour cause de complicité, de complaisance. Et dedésinformation.
