Tout Cannes à Toronto
Mots clés : Festival du nouveau cinéma, Festival international du film de Toronto, Christian Mungiu, Canada (Pays)
Le film 4 mois, trois semaines et deux jours, gagnant de la Palme d'or à Cannes en mai dernier, clôturera le Festival du nouveau cinéma, le 21 octobre prochain. C'est ce que m'apprenait hier son réalisateur, le Roumain Christian Mungiu, lors de notre rencontre, survenue une heure à peine après mon tête-à-tête avec deux autres cinéastes primés à Cannes: Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, dont le formidable et touchant film d'animation Persepolis avait été la veille applaudi à tout rompre par un théâtre Elgin bondé et ébaubi. Comme quoi il n'y en a pas que pour Venise dans la Ville reine. Tout Cannes est ici.
À peine aura-t-il le temps aujourd'hui de mesurer les réactions du public torontois que Christian Mungiu s'envolera pour la Roumanie. À son grand regret, lui qui n'avait jamais mis les pieds au Canada et qui, depuis Cannes, bondit d'un festival à l'autre, sans espoir de visiter un peu: «Je me sens comme un joueur de tennis. J'arrive, je fais mon truc et je repars.» Hélas pour Montréal et le FNC, il n'y sera pas, mais il espère y envoyer en émissaire ses deux excellentes interprètes, Anamaria Marinca et Laura Vasiliu.
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Le dévoilement de la saison automne-hiver des distributeurs américains est déjà commencé et, avec lui, quelques rumeurs d'Oscars commencent déjà à circuler, notamment au sujet de Rendition, de Gavin Hood, que je n'ai pas encore vu, et de Atonement, la très grande adaptation par Joe Wright (Pride & Prejudice) du roman de Ian McEwan. Ce film coup-de-coeur est en fait un coup au ventre. Wright y raconte les circonstances entourant la profération par une adolescente d'un grave mensonge, et les conséquences désastreuses qu'a eues ce mensonge sur la vie de sa grande soeur (Keira Knightley) et de son amoureux (James McAvoy, remarquable). Tendu comme une corde de violon, d'une maestria exceptionnelle sur le plan de la forme (subtiles variations de points de vue, amples mouvements d'appareil, un plan-séquence historique, dans tous les sens de l'expression), Atonement est un grand navire qui, délibérément, chavire à mi-parcours, nous faisant basculer du confort de la haute société anglaise d'avant la Deuxième Guerre mondiale, théâtre insouciant du drame, à l'inconfort du champ de bataille et de l'hôpital militaire, où les «héros» cherchent pardon, rédemption et liberté. Un grand cinéaste est né, à 35 ans. Retenez son nom: Joe Wright.
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Je ne sais pas pour vous, mais, personnellement, j'ignorais que les nazis avaient fait fabriquer par les détenus des camps de concentration de faux billets de banque afin de financer l'effort de guerre. C'est cette incroyable histoire que raconte l'Allemand Stefan Ruzowitzki dans The Counterfeiters (Les Faux-Monnayeurs, rien à voir avec Gide). Bien que plutôt conventionnel sur le plan de la mise en scène, le film soulève avec sensibilité des questions morales d'une grande pertinence, notamment sur l'héroïsme, la résistance, la solidarité et l'instinct de survie, à travers l'amitié conflictuelle d'un véritable faux-monnayeur, bien content des privilèges qui lui sont accordés par ses geôliers, et d'un imprimeur idéaliste, pour qui aider les nazis revient à tuer ses frères et soeurs. Je rencontre Ruzowitzki aujourd'hui, pour une entrevue dont le compte rendu paraîtra (comme pour celles évoquées plus haut) au moment de la sortie du film en salle chez nous.
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On sait que le Festival international du film de Toronto bat son plein quand: la chaleur suffocante revient sur la ville après plusieurs jours de temps frais; les universitaires fêtent leur retour en classe en organisant des kermesses juvéniles dans les rues de Yorkville; on rencontre sur Bloor Street plus de festivaliers que de touristes; devant l'Intercontinental, une foule de fans munis d'appareils photos et de carnets d'autographes attendent de voir passer les stars du jour. Et vous regardent entrer et sortir de l'immeuble avec une mine déconfite. Jour 2, on y était déjà. À lundi, pour un compte rendu des jours 3 et 4.
Collaborateur du Devoir
Vos réactions
vous ne croyez pas si bien dire... - par gilles jacob (gilles.jacob@festival-cannes.fr)
Le dimanche 09 septembre 2007 04:00

