Québec - Un bilan pour l'automne
Mots clés : pauvreté, gouvernement, Analphabétisme, Éducation, Québec (province)
« Savoir lire, écrire et compter, c'est profiter de la vie »
«Les différentes actions entreprises par le gouvernement du Québec pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale ne pourront avoir d'effets durables que si les personnes rehaussent et mettent à jour leurs compétences, en particulier lorsque leur formation de base est insuffisante», avait déclaré l'ex-premier ministre Bernard Landry, le 2 mai 2002, au moment où son gouvernement a rendu publics la première politique gouvernementale d'éducation des adultes et de formation continue ainsi que le plan d'action qui l'accompagne. L'heure sera au bilan à l'automne. Qu'en est-il de cette politique?Des services adaptés
Au nombre de dix, ces services d'enseignement ont pour objet d'aider l'adulte à acquérir les connaissances théoriques ou pratiques qui lui permettent d'atteindre les objectifs de formation qu'il poursuit. Ils peuvent être offerts par divers modes de formation. Ces services comprennent l'alphabétisation (encadrée par la formation de base dite commune), le soutien pédagogique et l'intégration sociale, l'intégration socioprofessionnelle, la francisation et la préparation à la formation professionnelle, de même que la préparation aux études postsecondaires, entre autres.
D'autre part, note Andrée Racine, le gouvernement du Québec accorde, par l'intermédiaire du MELS, des subventions à des organismes d'action communautaire autonome en alphabétisation. Les plus récentes données indiquent que, en 2005-2006, les commissions scolaires ont investi dans le secteur de l'alphabétisation plus de 20 millions de dollars, puisés à même l'enveloppe que leur accorde le MELS pour la formation générale des adultes. Et, en 2006-2007, le MELS a versé, par l'intermédiaire du Programme d'action communautaire autonome sur le terrain de l'éducation, près de
11 millions de dollars à 132 organismes d'action communautaire autonome en alphabétisation.
D'après le régime pédagogique, l'alphabétisation a pour but de permettre à l'adulte d'accéder, le cas échéant, à d'autres services de formation, d'augmenter ses capacités dans différents domaines d'apprentissage et d'exercer ses rôles familiaux et sociaux.
Plan d'action
En appui, la politique gouvernementale et le plan d'action en matière d'éducation des adultes et de formation continue (2002-2007) «marquent une étape pour la société québécoise où, de façon pressante, chacune et chacun doivent se convaincre qu'il faut désormais avoir acquis une formation de base suffisante et qu'il faut continuer d'apprendre tout au long de la vie», lit-on.
Considérant que le savoir est un puissant facteur d'épanouissement des personnes, ce plan est construit autour de quatre lignes de force, soit la formation de base, la formation continue liée à l'emploi, la reconnaissance des acquis et des compétences et le partage des responsabilités du financement de la formation. Dans chacun des cas, des cibles précises sont visées et le fil conducteur des actions est semblable: susciter la demande de formation, accueillir, conseiller et accompagner l'adulte dans sa démarche et lui offrir des services adaptés à sa situation, notamment.
La formation de base, elle, comprend d'abord un premier ensemble de compétences générales et communes nécessitant généralement neuf années d'études et se situant, tout en la dépassant toutefois, dans une perspective «d'alphabétisation». S'ajoute ensuite une formation générale et diversifiée équivalant à deux années d'études additionnelles. La formation de base comprend par ailleurs une première qualification professionnelle permettant de s'insérer dans le marché du travail. Cette qualification peut être obtenue soit en continuité avec le diplôme d'études secondaires, soit en même temps, en alternance avec un emploi ou par l'apprentissage en milieu de travail
«Dans les faits, toutes les actions de la politique et du plan d'action du gouvernement ont été mises en chantier, que ce soit la mise en place des services d'accueil et d'accompagnement aux personnes peu scolarisées ou encore le programme d'éveil à la lecture et à l'écriture [dans les milieux populaires], souligne Mme Racine. Et, actuellement, il y a un bilan de la politique qui est soumis à la consultation de nos partenaires. Et, au cours de l'automne, nous aurons en main les résultats de cette consultation, ce qui permettra aux décideurs d'envisager les suites à donner à cette politique.»
Expression de la demande
Mme Racine note aussi que l'une des embûches souvent rencontrées en matière d'alphabétisation est celle qui consiste à susciter l'expression de la demande de formation de la part des adultes, une mesure phare du plan d'action. «Susciter l'expression de la demande chez les personnes analphabètes est une avenue qui n'est pas facile à envisager. La personne n'a pas toujours envie de parler de ses problèmes d'écriture. Il existe encore beaucoup de pudeur chez ces personnes. Et c'est la raison pour laquelle le ministère de l'Éducation soutient aussi la ligne Info-Alpha.»
«Et quand on parle de l'expression de la demande, poursuit Andrée Racine, cela veut dire que, dorénavant, il nous faut agir
non pas par le biais d'une offre pro forma, mais d'une offre de services, en alphabétisation notamment, qui soit adaptée à leur réalité. Vous savez, savoir lire, écrire et compter, c'est profiter de la vie.»
Collaborateur du Devoir
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