Aujourd'hui, l'Afghanistan - Un pays divisé
Mots clés : Canada (Pays), Afghanistan (Pays)
Le soutien canadien au développement est exceptionnel

Le soutien au développement qu'apporte le Canada à l'Afghanistan est exceptionnel. À travers les programmes de l'Agence canadienne pour le développement international (ACDI), ce sont 1,2 milliard de dollars qui seront consacrés à la reconstruction de ce pays. Cela représente une large part des budgets de cet organisme, mais correspond à l'approche adoptée par le gouvernement canadien il y a quelques années, qui consiste à concentrer son aide pour éviter de disperser des efforts se révélant alors sans effets durables. L'Afghanistan est aujourd'hui le principal bénéficiaire de cette politique, comme le sont aussi Haïti et le Soudan.
Au contraire de la mission militaire, l'engagement humanitaire pour la reconstruction de l'Afghanistan reçoit de la part des Canadiens un large appui, car il correspond davantage à leurs valeurs et à la tradition du pays. Plusieurs jugent que l'effort fait en cette matière demeure insuffisant, surtout en regard du coût de la mission militaire, qui mobilise cinq fois plus de ressources financières. Pour certains, l'effort militaire est ce qui vient en premier. Pour assurer la reconstruction du pays, il faut d'abord le sécuriser et asseoir l'autorité du gouvernement afghan. Pour d'autres, il faut au contraire mettre l'accent sur l'aide humanitaire et améliorer les conditions de vie du peuple. Il sera impossible de pacifier le pays si l'on ne gagne pas d'abord le coeur des Afghans. Chose certaine, l'atteinte de résultats, qu'ils soient aux plans militaire ou humanitaire, comporte un haut degré de difficultés.
Faire le point
Au moment où arrive le tour d'un régiment du Québec, le 22e, d'être au coeur des opérations militaires dans la région de Kandahar, Le Devoir a voulu faire le point sur la présence canadienne en Afghanistan, d'où ce cahier spécial. Dans le débat qui a cours, il faut prendre le temps de bien comprendre la nature et le contexte de cet engagement et mesurer les enjeux. D'emblée, nous avons choisi de mettre l'accent davantage sur la mission humanitaire, question de ramener les projecteurs sur ce volet. Nos reporters, Claude Lévesque et Pedro Ruiz, ont passé une partie de l'été sur le terrain afghan à visiter des projets de développement. Un spécialiste des questions militaires, Marc André Boivin, s'est pour sa part rendu aux quartiers généraux de l'OTAN à Kaboul, Herat, Kandahar et Mazar-i-Sharif. Il nous situera la présence militaire canadienne dans le cadre plus vaste de l'intervention internationale en Afghanistan.
Ce n'était pas la première fois que Le Devoir se rendait dans ce pays. Claude Lévesque y était allé il y a trois ans. Ce printemps, Alec Castonguay s'est rendu à Kandahar pour suivre les opérations militaires. Marc André Boivin nous avait déjà fait le compte rendu de missions précédentes. Nous avons aussi publié plusieurs analyses et éditoriaux ainsi que des libres opinions de lecteurs. Ces textes et ceux contenus dans ce cahier seront réunis dans notre site Internet LeDevoir.com, dans une section qui offrira une vue d'ensemble encore plus complète du dossier afghan.
La réalisation de ce projet a été rendue possible grâce à la collaboration du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix. Celui-ci a contribué à la recherche pour ce cahier et a élaboré dans son site Internet (http://www.operationspaix.net/) une vitrine sur le Canada en Afghanistan. Nous avons aussi reçu le soutien financier de l'ACDI à travers son programme Initiative journalisme et développement.
Le Devoir

