Vos réactions
Le sens des mots
Dire «Nous existons» ou «Existerons-nous demain?» n'a pas le même sens. Alors que la première expression est affirmative, la deuxième est interrogative, elle est empreinte du doute. Pourtant le «nous» dans les deux phrases est le même, il définit le même groupe, mais le sens est différent. Dans le premier cas, un peuple s'affirme, dans le deuxième cas, il s'interroge sur son existence, la survie de sa langue, de ses institutions et de sa culture au sein d'une Amérique et d'un Canada anglais.
Dans «Pouvons-nous vivre ensemble ?» et «Devons-nous vivre ensemble.» le «Nous » est déjà différent, il a un autre sens et réfère à un «Nous » beaucoup plus large. N'est-ce pas plutôt dans cette perspective que nous devons situer le débat ? Au lieu de remettre en question l'existence même des accommodements raisonnables, ne devons-nous pas plutôt nous demander si les accommodements raisonnables menacent vraiment notre existence ou s'ils contribuent positivement à notre survie?
Être ou ne pas être, ne serait-il pas le véritable enjeu de ce débat?
Pour cette raison, la question fondamentale que nous devons poser ne vise pas à savoir si le «Nous» est inclusif ou exclusif, mais bien de savoir si ce «Nous» va survivre ou s'éteindre.
Si comme je le pense, nous arrivons à la conclusion que pour survivre il faut vivre ensemble, dès lors nous devons être raisonnables et accepter d'accommoder raisonnablement ceux qui contribueront à notre survie. C'est une simple question de bon sens !
Louis Lapointe
Brossard
