Trois attentats d'envergure déjoués

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AP , AFP
Édition du jeudi 06 septembre 2007

Mots clés : attentats, islamistes, Terrorisme, États-Unis (pays), Allemagne (Pays)

Les islamistes arrêtés en Allemagne voulaient frapper des installations américaines

Berlin -- Les trois islamistes arrêtés mardi préparaient des attentats «d'envergure» non seulement contre l'aéroport international de Francfort mais aussi contre la vaste base militaire américaine de Ramstein, a annoncé hier le parquet fédéral.

Selon la procureure fédérale Monika Harms, les trois hommes s'étaient entraînés dans des camps au Pakistan. Ils s'étaient procurés quelque 700 kilos de peroxyde d'hydrogène, qui aurait permis de fabriquer une bombe d'une puissance potentielle de 550 kilos. «C'est une bonne journée pour la sécurité en Allemagne, a-t-elle souligné devant la presse. Nous avons réussi à déjouer des complots et à prévenir des attentats d'envergure.»

Mme Harms a refusé de nommer les cibles, précisant que les suspects surveillaient des institutions et des établissements fréquentés par les Américains en Allemagne, dont des discothèques, des pubs et des aéroports. À Washington, un haut responsable du département d'État américain a affirmé que les enquêteurs allemands avaient déterminé que l'aéroport de Francfort et la base de Ramstein étaient visés mais que d'autres sites auraient pu l'être aussi.

Interrogé à propos de ces sites, le ministre de la Défense, Franz Josef Jung, a refusé de donner des détails sur les cibles. La procureure a également refusé de confirmer cette information.

Les trois suspects -- deux ressortissants allemands convertis à l'islam, âgés de 22 et 28 ans, et un Turc de 29 ans -- ont été repérés par les enquêteurs alors qu'ils espionnaient fin 2006 un site militaire américain à Hanau, près de Francfort, a-t-on appris de sources officielles. Ils avaient créé en Allemagne une cellule de l'Union du djihad islamique, proche d'al-Qaïda.

Les trois hommes n'avaient pas de travail et bénéficiaient des allocations de chômage. «Ce groupe se distingue par sa profonde haine pour les citoyens américains», a déclaré lors de la conférence de presse Jorg Ziercke, responsable du Bureau d'enquête fédéral. Deux suspects ont été arrêtés dans une maison de vacances dans le centre du pays. Le troisième s'est enfui par une fenêtre de la salle de bains mais a été intercepté environ 300 mètres plus loin.

Jusqu'à présent, l'Allemagne, qui n'a pas envoyé de troupes en Irak, a été très largement épargnée par des attentats comme ceux de Londres ou de Madrid, même si son engagement en Afghanistan a fait craindre qu'elle puisse être visée par les islamistes.

En juillet 2006, deux bonbonnes de gaz avaient été découvertes dans des trains de banlieue mais n'avaient pas explosé. Selon les autorités allemandes, ces attentats avortés avaient été motivés par les caricatures du prophète Mahomet publiées par un quotidien danois. Plusieurs suspects sont actuellement jugés au Liban et un Libanais a été formellement accusé en Allemagne.

Dans un entretien diffusé mercredi sur la chaîne de télévision N-24, la chancelière Angela Merkel a fait savoir que les troupes allemandes resteraient en Afghanistan pendant plusieurs années encore. «En partant, nous enverrions le mauvais signal», a-t-elle dit.

Le cabinet de coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates a décidé hier de maintenir la présence de soldats allemands en Afghanistan, jusqu'à ce que ce pays «puisse assurer sa propre sécurité».

Pourtant, d'après de récents sondages, réalisés après une série d'enlèvements et d'attentats visant des Allemands en Afghanistan, une majorité croissante d'Allemands souhaite que la Bundeswehr se retire de ce pays.

L'Allemagne participe à la formation de la police afghane et est présente avec 3000 militaires déployés dans le nord et à Kaboul au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF).

Elle a aussi dépêché sur place des avions de reconnaissance Tornado et met un petit contingent à la disposition de l'opération américaine Enduring Freedom, bien que ces hommes ne soient pas actuellement déployés.

À Stuttgart, le porte-parole du commandement militaire américain en Europe, le capitaine de vaisseau Jeff Gradeck, a déclaré mardi sans plus de détail que les autorités allemandes avaient contacté le commandement à propos d'un attentat présumé. «Nous exprimons notre gratitude à l'Allemagne pour assurer notre protection.»

L'aéroport international de Francfort est le plus fréquenté d'Europe continentale et la base aérienne américaine de Ramstein est une plate-forme de transport essentielle pour les opérations militaires américaines en Irak et en Afghanistan.

L'Union du djihad islamique, connue également sous le nom de Groupe du djihad islamique, est un groupuscule terroriste d'origine ouzbèke. Des attentats suicide meurtriers commis en 2004 à Tachkent, notamment contre les ambassades des États-Unis et d'Israël, lui sont imputés.

Une première vague d'attentats avait eu lieu au printemps 2004, tuant plusieurs dizaines de personnes. Puis, le 30 juillet, des attentats visant les ambassades américaine et israélienne avaient tué quatre personnes. Ces derniers avaient été revendiqués par le «Groupe du djihad islamique», jusque-là inconnu.

En mai 2005, les États-Unis ont placé ce groupuscule sunnite sur leur liste des organisations interdites, expliquant alors que ses membres prenaient pour cible «des Américains et des propriétés américaines à l'étranger et constitu[ai]ent une dangereuse menace pour les intérêts américains». Cette mesure avait été imitée par la Grande-Bretagne en octobre 2005.

«L'Union du djihad islamique s'est rapprochée du réseau d'al-Qaïda au cours des dernières années», selon le ministre allemand de l'Intérieur, Wolfgang Schäuble.

Au Danemark

Par ailleurs, le procès de quatre musulmans accusés d'avoir projeté de perpétrer des attentats à l'explosif, qui a débuté hier à Copenhague, devrait permettre de mieux cerner la mouvance islamiste au Danemark au lendemain d'un nouveau coup de filet antiterroriste.

Les quatre hommes avaient été inculpés en mars de tentative d'attentat au Danemark ou à l'étranger et, selon l'acte d'accusation, ils se seraient procurés des produits chimiques et des équipements pour fabriquer des explosifs de type TATP.

Le TATP (triacétone triperoxyde) est un explosif chimique utilisé par les islamistes, notamment dans les attentats de Londres de juillet 2005.

Les inculpés sont Mohammad Zaher (né en 1973), Ahmad Khaldhahi (1985), Abdallah Andersen (1974) et Riad Anwar Daabas (1988), a indiqué le Tribunal de grande instance, où se déroule le procès jusqu'au 23 novembre.

Selon la presse, tous ont la nationalité danoise. Trois sont d'origine étrangère et le quatrième, vraisemblablement Abdallah Andersen, est un Danois converti à l'islam.

Les quatre font partie d'un groupe de neuf personnes arrêtées en septembre 2006 au Danemark à Odense (centre).

L'ouverture du procès survient au lendemain d'un coup de filet antiterroriste dans les environs de Copenhague qui a permis, selon les services de renseignement de la police danoise (PET), de déjouer une attaque terroriste à la bombe.

Dans la nuit de lundi à mardi, le PET a arrêté huit hommes soupçonnés de liens avec al-Qaïda. Âgés de 19 à 28 ans, ils sont d'origine afghane, pakistanaise, somalienne et turque. Six d'entre eux sont des citoyens danois.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com