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L'homme blessé
Malgré tous ses boires et ses déboires, Kérouac était animé d'un feu intérieur : il se savait «bon écrivain», comme il le dit, timide, en fin d'interview à Fernand Séguin au Sel de la Semaine en 1967.
C'est mon ami poète et journaliste, feu Michaël Thomas Gurrie, qui me fit découvrir vers 1975 ce grand frère tannant de la Nouvelle-Angleterre, «le Québec d'en bas». Début 1980, Gurrie participe à un colloque sur Kérouac à Québec. Il n'aimait pas du tout la tendance à assimiler le vagabond céleste à la littérature québécoise.
Selon moi, les manuscrits lus par M.Anctil sont très importants, non pas pour nous rendre Kérouac plus familier ou pour l'imaginer autrement qu'il ne fut, mais bien pour entendre ses propres mots maternels nous dire au plus sensible ce qu'il en est d'être un «gipsye» au coeur de l'Empire.
