Double palme méritée
Mots clés : Festival des films du monde, Nic Balthazar, Claude Miller, Cinéma, Culture, Québec (province), Montréal
Ben X et Un secret, Grands Prix des Amériques

Photo: Jacques Grenier
Son Ben X, qu’il avait d’abord conçu en roman, puis en pièce de théâtre, enfin en film, a également remporté le prix du public et celui du jury œcuménique.
Un secret, de Claude Miller, adaptant le roman autobiographique de Philippe Grimbert, avec une distribution de haut vol: Cécile de France, Patrick Bruel, Ludivine Sagnier, etc., a livré une histoire d’amour et de déportation sous l’Occupation en France. Fort bien mis en scène, également film de clôture hier soir, il est reparti avec des lauriers mérités. «L’industrie du cinéma va bien mais pas toujours le septième art. Heureusement qu’il y a des festivals», a lancé Miller, qui se disait ravigoté d’être primé ex aequo avec un jeune cinéaste.
La compétition en dents de scie avait fait émerger quelques perles au milieu de semi-valeurs ou de ratages. Mais dans l’ensemble, le Festival des films du monde n’a pas réussi à renouveler son programme et sa clientèle, malgré les entrées de fonds venus de la SODEC. Les habitués d’avant-hier sont demeurés ceux d’aujourd’hui, sans vrai sang neuf d’assistance. On ne sait trop ce que lui réserve l’avenir. Son président, Serge Losique, ne doute pourtant de rien: «Le festival est une cathédrale solide qui va rester pour plusieurs années et plusieurs décennies», a-t-il déclaré hier soir en annonçant les dates de la 32e édition, du 21 août au 1er septembre 2008. Il a remercié également les délégués de Téléfilm Canada qui sont venus voir comment se déroulait son rendez-vous. Le FFM espère toujours recevoir des subventions fédérales pour l’édition qui vient de se terminer.
Le palmarès a aligné de son côté des coups de chapeau mérités et des incongruités. Il n’a pas primé d’œuvres québécoises, mais rien ne l’y obligeait. Toi, de François Delisle, et Surviving my Mother, d’Émile Gaudreault, sont repartis gros Jean comme devant. La comédie de Gaudreault a néanmoins reçu les suffrages du public, ayant été classé «film canadien le plus populaire».
Arrivé en fin de course, le très charmant Noodle, de l’Israélienne Ayelet Menahemi, pétri d’émotion et de tendresse, l’histoire d’un petit garçon chinois recueilli par une hôtesse de l’air israélienne, a récolté le Grand Prix spécial du jury, qu’il n’a pas volé. La cinéaste avait reçu des remerciements de spectateurs ravis «de voir enfin un film ordinaire venu d’Israël, sans soldats, sans Juifs religieux...»
Plus étonnant: 1 journée, de Jacob Berger, production franco-suisse, œuvre assez artificielle, mais bien exécutée, sur 24 heures perçues à travers les différents points de vue des protagonistes: mari, épouse, enfant, maîtresse, a gagné le prix de la mise en scène.
La palme de la meilleure contribution artistique est allée à Teresa: El Cuerpo de Cristo, de l’Espagnol Ray Loriga. Portrait de sainte Thérèse d’Avila à l’heure de l’Inquisition. La valeur du film repose effectivement sur ses images splendides.
L’extraordinaire L’Autre Marge, du Portugais Luis Filipe Rocha, œuvre d’humanité et d’ouverture d’esprit aux personnages bouleversants, a valu à ses deux acteurs, Filipe Duarte (en homosexuel troublé) et Tomas Almeida, trisomique lumineux, le prix d’interprétation masculine en duo.
On n’avait pas vu venir au demeurant le prix d’interprétation féminine à Andrea Sawatzki, en mère déchirée dans L’Autre Garçon, de l’Allemand Volker Einrauch. Ni celui du meilleur scénario aux Jardins de Samira, du Marocain Latif Lahlou, l’histoire d’une jeune urbaine mariée à un vieux propriétaire terrien impuissant et cruel. Ce film a par ailleurs remporté le laurier de la Fipresci (critique internationale). Autre source d’étonnement: le prix de l’innovation accordé à DP75-Tartina City, du Tchadien Issa Serge Coelo, dénonciation politique de la tyrannie qui a été pourtant servie sur fond d’images floues et incertaines. Le cinéaste s’en est pris hier soir au journaliste de La Presse, qui avait épinglé son film...
Du côté des courts métrages, le subtil et désespéré Songes d’une femme de ménage, du Belge Banu Akseki, a remporté le premier prix. Celui du jury est allé à l’étonnant (au punch spectaculaire) L.H.O., des Allemands Jan Zabeil et Kristof Kannegiesser. Mais le public a couronné de son côté le grinçant et délicieux La Lili à Gilles, du Québécois David Uloth. Le choix de la Fipresci s’est plutôt porté sur le troublant Bonne nuit Malik, du Français Bruno Danan.
Le prix Glauber-Rocha du meilleur film d’Amérique latine est allé à Pièces détachées, du Mexicain Aaron Fernandez. Celui du meilleur documentaire, à Après la musique, de l’Allemand Igor Heitzmann.
Dans la section des premiers longs métrages de fiction, le Zénith d’or a couronné La Caja, de l’Espagnol Juan Carlos Falcon, le Zénith d’argent, Mauvaises habitudes, du Mexicain Simon Bross, et le Zénith de bronze, Dong Sun, du Chinois Jian Yi.
Vos réactions
Pauvre FFM........ on fait pitié! - par Claude Archambault (archbroca@videotron.ca)
Le mardi 04 septembre 2007 09:00

